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11 octobre : La sombre affaire de drapeau jaune qui a bien failli coûter le titre F1 à Jacques Villeneuve en 1997

11 octobre : La sombre affaire de drapeau jaune qui a bien failli coûter le titre F1 à Jacques Villeneuve en 1997

Lundi 11 octobre 2021 par René Fagnan
Crédit photo: WRI2

Crédit photo: WRI2

Jacques Villeneuve est arrivé en Formule 1 avec une attitude rebelle et anticonformiste. Cela a bien failli lui jouer un très mauvais tour à la fin de la saison 1997.

Lorsque Jacques Villeneuve et Michael Schumacher, les deux rivaux au titre de champion du monde de Formule 1 en 1997, sont arrivés à Suzuka pour y disputer le Grand Prix du Japon, avant-dernière étape de la saison, le Québécois de l’écurie Williams était en tête du classement avec une avance de neuf point sur l’Allemand de la Scuderia Ferrari.

Villeneuve adore de circuit difficile de Suzuka et sa Williams FW19 à moteur V10 Renault y est vraiment à l’aise. Toutefois, durant les essais libres de samedi matin, il commet une erreur de jugement. Déjà sous le coup d'une suspension avec mise à l'épreuve pour neuf Grands Prix depuis Monza pour ne pas avoir suffisamment ralenti sous des drapeaux jaunes, il effectue la même gaffe au Japon.

Tout commence quand le Néerlandais Jos Verstappen, le papa de Max, tombe en panne d’essence sur le circuit juste à la sortie du virage Spoon. Il gare sa Tyrrell-Ford sur le gazon en bordure gauche de piste. Un tracteur est envoyé pour soulever et enlever la monoplace de cet endroit jugé dangereux.

Malgré la présence des drapeaux jaunes agités, Villeneuve ne ralentit pas suffisamment. Non pas une fois, mais deux fois. Et cela met évidemment les commissaires de course en furie.

Villeneuve n’est pourtant pas le seul pilote à ne pas avoir convenablement ralenti à cet endroit : Heinz-Harald Frentzen, Michael Schumacher, Rubens Barrichello, Ukyo Katayama et Johnny Herbert ont tous imité le Québécois, mais ce dernier est sous le coup d’une suspension…

Les trois commissaires, le Suisse Paul Gutjahr, le Français Francis Murac et le Japonais Shintaro Taki, examinent les images vidéo et prennent une décision qui a des conséquences directes sur la suite du championnat. En fin d’après-midi samedi, ils annoncent qu’en conséquence de la sentence prononcée en Italie, Jacques Villeneuve est exclu du Grand Prix du Japon. Les cinq autres pilotes écopent d'une course de suspension avec sursis.

Imaginez : il ne reste que deux épreuves à disputer, le Japon et le Grand Prix d’Europe à Jerez, et Villeneuve doit impérativement rater la course japonaise ! Villeneuve, lui aussi dans une colère noire, s’enferme dans le motorhome Williams avec les hauts gradés de l’écurie. Que faire ?

Villeneuve est convaincu que cette punition, qu’il juge extrêmement dure, a été prise par la FIA en représailles à ses propos tenus en début de saison quand il a critiqué la nouvelle règlementation de la F1. Dans un récent article, son ingénieur, Jock Clear, a justement mentionné que Jacques avait échafaudé des théories du complot ou de conspiration, affirmant que l’establishment de la F1 ne voulait pas qu’il remporte le titre. Il croit que tout favorise Ferrari qui n’a pas remporté de titre mondial des pilotes depuis 1979 avec Jody Scheckter.

Les dirigeants de l’écurie Williams, Jacques et son agent, Craig Pollock, arrivent à la conclusion que Villeneuve doit disputer cette course coûte que coûte, sans froisser la FIA. L’écurie britannique fait donc appel de la sanction. Ainsi, Villeneuve pourra disputer le Grand Prix dimanche et, avec l’aide de son coéquipier Heinz-Harald Frentzen, tentera d’empêcher Schumacher de lui prendre trop de points. Néanmoins, peu importe sa position à l’arrivée, Villeneuve sera disqualifié. Et dimanche, après la course, l’écurie retirera son appel afin de permettre à Villeneuve de disputer le dernier Grand Prix de la saison.

Villeneuve inscrit la pole position devant Schumacher, Eddie Irvine (Ferrari F310B), Mika Häkkinen (McLaren MP4/12-Mercedes), Gerhard Berger (Benetton B197-Renault) et Frenzten.

En course, Villeneuve roule dans le trio de tête jusqu’à son premier pit stop. Au jeu des ravitaillements, Irvine se retrouve en tête devant Schumacher et Villeneuve. Puis, obéissant aux consignes de l’écurie Ferrari, Irvine laisse passer Schumacher puis bloque la route à Villeneuve. Les choses empirent pour ce dernier lors de son deuxième et dernier ravitaillement quand un problème de raccord avec l’embout du tuyau de remplissage d’essence lui fait perdre 14 longues secondes !

Au bout des 53 tours de la course, Villeneuve termine cinquième et est disqualifié. C’est le pire scénario pour lui, car le vainqueur est nul autre que Michael Schumacher qui fait le plein de points ! Frentzen a quand même effectué du très bon boulot en se classant second devant Irvine. Villeneuve est très déçu de s’être fait piéger de la sorte par l’écurie Ferrari.

Au championnat du monde, un tout petit point sépare désormais les deux protagonistes. Schumacher est désormais premier avec 78 points, un de plus que Villeneuve.

Le titre mondial va donc se jouter le circuit de Jerez à l’occasion du Grand Prix d’Europe, étape ultime de cette saison 1997.