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Insolite : Mon expérience à la 97ème édition de la course de côte de Pikes Peak…

Insolite : Mon expérience à la 97ème édition de la course de côte de Pikes Peak…

Mercredi 10 juillet 2019 par Jean-François Coulombe
Crédit photo: Louis Coulombe

Crédit photo: Louis Coulombe

J’ai toujours aimé les courses de côtes, la discipline comporte des éléments provenant du rallye, d’autres du circuit, mais c’est d’abord une course contre la montre… et contre la montagne. De nombreuses catégories et une réglementation assez souple permettent d’y voir évoluer une grande variété de véhicules et des pilotes de tous les horizons. On y trouve également une belle proximité entre amateurs et pilotes et, d’un côté comme de l’autre, c’est souvent une tradition familiale.

Pour un "gars de char", l’occasion d’un voyage familial dans l’ouest américain était trop belle pour passer à côté de la 97ème édition du Pikes Peak. Avec les 24 Heures du Mans, l’Indy ou le Daytona 500, le Dakar ou encore le Rallye de Monte-Carlo, le Pikes Peak est à mon avis l’une des courses à voir une fois dans sa vie.

Depuis des décennies, les manufacturiers investissent des sommes colossales pour développer des machines spécialement conçues pour affronter ce parcours de 12,42 milles comportant pas moins de 156 virages. Si autrefois la route vers le sommet était entièrement puis partiellement en terre, le parcours est désormais entièrement asphalté mais cela ne change rien à au moins un élément particulièrement exigeant à considérer, tant pour le pilote que le voiture : l’altitude. Le départ se situe à 9390 pieds et la ligne d’arrivée au sommet à 14 115 pieds... L’oxygène s’y fait plus rare, à tel point qu’une petite marche demande un effort considérable.

La puissance des moteurs à combustion est donc grandement diminuée en fin de parcours, avec une perte d’environ 30% par rapport au niveau de la mer. Ce n’est donc pas un hasard si VW avait confié une voiture électrique à Romain Dumas l’an dernier. Il avait relevé le défi en écrasant l’ancien record de Sébastien Loeb avec un temps de 7:57.14 aux commandes du prototype VW ID.R. Un chrono qui ne sera peut-être pas battu de sitôt !

Le Pikes Peak, c’est une compétition mais également un panorama exceptionnel... Quand il fait beau ! Car le temps change très rapidement. De notre camp de base au "Ski Area" à 10 200 pieds, nous avons eu droit à 28 degrés le matin avec un soleil magnifique. À midi, le ciel s’est couvert et en début d’après-midi, alors que le vent s’était levé, une pluie froide intense et de la grêle se sont abattus sur les spectateurs qui s’étaient levés aux petites heures pour obtenir une place au bord du parcours. Sachez aussi que lors de certaines éditions, les organisateurs ont dû passer la charrue pour permettre aux équipes de redescendre !

Le sport motorisé comporte aussi des risques, particulièrement sur un parcours de montagne. Cette année, le Pikes Peak a fait une victime. Carlin Dunne de l’équipe Ducati, un des pilotes moto les plus expérimentés, a malheureusement subi des blessures fatales lors d’une sortie de route à quelques virages de l’arrivée.

Le meilleur chrono de cette édition a été signé par le britannique Robin Shute, en 9 min et 12 secondes avec son prototype Wolf à moteur Honda. Le Français Raphaël Astier au volant d’une Porsche 911 GT3 Cup Turbo (photo ci-dessus) termine 2ème et remporte la classe Time Attack avec son temps de 9 min et 23 secondes. Quelques centièmes de seconde en arrière, on retrouve au 3ème rang le vétéran Peter Cunningham, sur Acura TLX GT, qui remporte par ailleurs la catégorie Open.

Greg Tracy termine 9ème au volant d’une Palatov électrique alors que Rhys Millen, sur une Continental GT propulsée par un magnifique V12 bi-turbo offre à Bentley un nouveau record et une victoire dans la Classe Production (il finit aussi 14ème toutes-catégories). Éternel favori des foules, Travis Pastrana a pour sa part réalisé le meilleur temps (32ème toutes-catégories) en classe Pikes Peak Trophy, réservé exclusivement aux Porsche Cayman GT4. 68 des 85 pilotes au départ ont complété l'épreuve.

Si vous avez la chance de passer dans le Colorado fin juin, ajoutez le Pikes Peak à votre agenda !
 

*** Jean-François Coulombe a été photographe correspondant régulier de Pole-Position Magazine dans les années 1990. Il a par la suite disputé plusieurs compétitions de sport automobile au Québec. Il était accrédité à titre de représentant média de Pole-Position lors de cette édition 2019 de la course de côte de Pikes Peak. Vous pouvez aussi voir sa galerie photos de l’événement, dès maintenant sur ce site !