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Hamilton et Leclerc disqualifiés du GP des USA pour des infractions techniques

Hamilton et Leclerc disqualifiés du GP des USA pour des infractions techniques

Lundi 23 octobre 2023 par René Fagnan
Crédit photo: Mercedes Media

Crédit photo: Mercedes Media

La Mercedes W14 de Lewis Hamilton et la Ferrari SF-23 de Charles Leclerc ont été disqualifiées des résultats du Grand Prix des États-Unis à Austin, car les deux monoplaces ne respectaient pas les limites d’usure des patins de friction.

Après la course, Jo Bauer, l’inspecteur technique en chef de la F1 et ses commissaires ont effectué des vérifications techniques sur plusieurs voitures. Sur certaines, ils vérifient le poids des bolides, sur d’autres ils prennent un échantillon de carburant, sur d’autres ils inspectent le degré de flexion des ailerons, ils contrôlent aussi les logiciels électroniques, etc.

Ces vérifications sont effectuées au hasard, sauf si Bauer estime sérieusement qu’un élément d’une voiture est non-conforme. C’est ainsi que les patins de friction en titane de la Mercedes de Hamilton et de la Ferrari de Leclerc ont été vérifiés et jugés non-conformes.

Afin de limiter l’effet de sol, donc l’adhérence des voitures, une plaque en jabroc (sorte de bois laminé extrêmement dur) ou de composite doit obligatoirement être fixé sous le plancher. Cette plaque dispose d’un nombre de patins de friction en titane et d’orifices. Ce sont les patins qui génèrent des gerbes d’étincelles quand ils frottent au sol. Ces patins protègent la plaque d’une usure excessive.

Afin de générer beaucoup d’effet de succion, les voitures sont habituellement ajustées aussi basses que possible. Toutefois, le circuit d’Austin est terriblement bosselé et les écuries ont dû vite s’ajuster, d’autant que certaines, incluant les Mercedes et des Ferrari, souffrent encore un peu de pompage, aussi appelé marsouinage.

L’écurie Red Bull a haussé sa garde au sol et a presque bloqué le mouvement des suspensions de ses RB19, rendant la voiture difficile à piloter, mais n’usant pas trop ses patins. Il est possible que Mercedes et Ferrari se soient trompés dans leurs réglages. La seule et courte séance d’essais libres de vendredi ne leur a peut-être pas laissé assez de temps pour évaluer l’usure des patins avec le plein d’essence.

Après la course, les plaques de quatre monoplaces ont été vérifiées : la RB19 de Verstappen, la SF-23 de Leclerc, la W14 de Hamilton et la MCL60 de Lando Norris. Sur la Mercedes et la Ferrari, les inspecteurs ont noté des infractions au règlement technique de la F1 qui précise la plaque située sous la voiture ne peut pas chuter en dessous d'une épaisseur de neuf millimètres. Cette épaisseur est mesurée aux orifices. Or, comme ces mesures ont révélé des chiffres d'usure supérieurs à cette limite, la pénalité standard pour une infraction technique a été appliquée, à savoir la disqualification.

D’ailleurs, une fois la non-conformité des bolides ayant été communiquées aux écuries, celles-ci ont expliqué aux commissaires techniques que « l'usure importante des patins était probablement le résultat de la combinaison unique de la piste bosselée et de l'horaire de la course Sprint qui a minimisé le temps de réglage et de vérification de la voiture avant la course ».

Cependant, les commissaires ont rétorqué que « la responsabilité incombe au concurrent de s'assurer que la voiture est en conformité avec les règlements à tout moment pendant une épreuve. Dans ce cas particulier, l’usure des patins dans la zone définie dans le rapport du délégué technique était en dehors des seuils définis dans l'Article 3.5.9 e) du règlement technique de la Formule 1 de la FIA, qui inclut une tolérance pour l'usure ».

Si vous vous souvenez, la Benetton-Ford de Michael Schumacher avait été exclue des résultats du Grand Prix de Belgique en 1994 après avoir franchie l’arrivée en seconde position pour cette raison d’usure excessive de la plaque d’usure.

Il est aussi intéressant de noter que la Mercedes de George Russell et la Ferrari de Carlos Sainz n’ont pas été disqualifiées. La raison ? Bauer et son équipe ne peuvent physiquement pas tout vérifier sur toutes les voitures après la fin de la course. Cela prendrait des heures, voire un ou deux jours, pour tout contrôler. Le choix des vérifications est donc fait de façon aléatoire, sauf en cas de doute. L’autre raison est que les deux pilotes d’une écurie peuvent choisir des réglages différents. Alors il est possible que la Mercedes de Russell ait respecté les normes et pas celle de Hamilton.

Ces disqualifications font grimper presque toute le monde d’un rang, à l’exception de Max Verstappen qui conserve sa victoire. On retrouve donc dans l’ordre : Verstappen, Lando Norris, Carlos Sainz, Sergio Pérez, George Russell, Pierre Gasly, Lance Stroll, Yuki Tsunoda, Alexander Albon et Logan Sargeant, qui est ainsi devenu le premier pilote américain à inscrire un point en F1 tout juste 30 ans après Michael Andretti !

Pour consulter les résultats corrigés, cliquez ici.