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22 mars : Peter Revson se tue au volant d’une Shadow de F1 en Afrique du Sud

22 mars : Peter Revson se tue au volant d’une Shadow de F1 en Afrique du Sud

Dimanche 22 mars 2020 par René Fagnan
Crédit photo: Commons.wikimedia

Crédit photo: Commons.wikimedia

Pilote relativement méconnu et surtout clairement sous-estimé, Peter Revson compte parmi les meilleurs pilotes américains des années 70, capable de gagner en Can-Am comme en Formule 1.

La vie de Peter Revson a tragiquement et brusquement pris fin le 22 mars 1974 lors d’essais privés en prévision du Grand Prix de Formule 1 d’Afrique du Sud sur le tracé de Kyalami. Avant de négocier un virage, une pièce de la suspension avant de sa Shadow DN3 céda net, catapultant la voiture contre le rail de sécurité. La coque en aluminium ne résista pas à l’impact et s’enroula autour d’un poteau. Le bolide s’embrasa, provoquant la mort du pilote.

Beau garçon, intelligent, articulé et charmeur, Peter était un membre de la riche famille Revson, dirigée par le père, Martin, co-fondateur de la marque de produits de beauté Revlon.

En 1960, la fortune de papa envoie Peter étudier à l’université d’Hawaï où il s’intéresse au sport automobile et pilote une Morgan. C’est à cette époque qu’il se lie d’amitié avec les frères Mayer, Timmy et Teddy, ce dernier allait devenir plus tard le Team Manager des écuries F1, Can-Am et IndyCar McLaren.

Toutefois, papa Revson n’est pas du tout emballé par tout cela, car Douglas, le frère de Peter, vient de se tuer lors d’une course automobile au Danemark. Martin décide de lui couper les vivre. Plus un sou. Qu’à cela ne tienne, Peter, obstiné, décide de voler de ses propres ailes. Il investit ses épargnes et ses bourses d’études afin de financer sa passion pour le sport automobile.

En 1963, Peter va vivre en Europe où il court en Formule Junior. L’année suivante, il participe à six Grands Prix de F1 sur une Lotus-BRM privée de l’écurie Reg Parnell Racing. Manquant cruellement d’expérience, Peter ne fait pas vraiment d’étincelles...

En 1966, il court en Formule 2, puis commence à s’intéresser aux courses d’endurance. Il revient ensuite aux États-Unis et après quelques années difficiles, il décroche, en 1970, une belle deuxième place aux 12 Heures de Sebring en compagnie de l’acteur Steve McQueen au volant d’une Porsche 908/02.

En 1971, il devient pilote McLaren et sa carrière prend enfin son envol. Au mois de mai, il réalise la pole position pour les 500 milles d’Indianapolis à la vitesse moyenne de 178,696 m/h (287,52 km/h), et termine la prestigieuse course en seconde place derrière Al Unser Sr. Il court aussi en Can-Am et décroche le titre de la série avec cinq victoires en 10 épreuves au volant d'une redoutable McLaren M8F.

Teddy Mayer est séduit et l’engage pour courir en F1 en 1972, toujours avec McLaren. Ironiquement, l’écurie britannique est commanditée par Yardley, une entreprise qui fabrique des produits cosmétiques. Peter impressionne et se classe troisième dès sa deuxième course avec l’équipe. Il termine encore deux fois troisième, en Grande-Bretagne et en Autriche, avant de croiser l’arrivée en seconde position sur le circuit de Mosport Park au Canada.

L’année suivante, il commence la saison aux commandes d’une M19C avec laquelle il termine deuxième en Afrique du Sud, puis il touche sa M23 et remporte sa première victoire en Grande-Bretagne sur le circuit de Silverstone. Qualifié sixième, il attaque fort en début d’épreuve et au 39e tour, il double le meneur, Ronnie Peterson, et roule vers la victoire.

Par contre, ses rapports avec Teddy Mayer deviennent de plus en plus tendus. Les deux ne s’entendent vraiment plus. D’autant que Marlboro, commanditaire de McLaren, fait tout pour que Mayer engage Emerson Fittipaldi qui n’est manifestement plus heureux chez Lotus.

En fin de saison, Revson se classe troisième à Monza et remporte sa seconde victoire en F1 à Mosport lors d’une course présentée sous le déluge et où l’on assista, pour la première fois dans l’histoire de la F1, à l’intervention d’une voiture de sécurité !

Une fois la saison terminée, comme on le pressentait, Fittipaldi débarque chez McLaren et pousse Revson à signer avec l’écurie Shadow dirigée par un autre Américain, Don Nichols. Peter sait bien que Shadow n’est pas une équipe de pointe, mais il table sur ses progrès.

Après un début de saison 1974 difficile avec deux abandons malgré de bonnes qualifications, Revson, l’ingénieur Tony Southgate et trois mécanos de Shadow vont effectuer des essais privés sur le circuit de Kyalami en Afrique du Sud afin de préparer le Grand Prix à venir.

Malheureusement, en une fraction de seconde, tout a basculé. Une rotule en titane, grossièrement usinée, a cédé au plus mauvais moment. De plus, il n’y avait qu’un seul rail de sécurité à cet endroit. La Shadow n’a pas rebondi contre cette glissière comme elle aurait dû le faire, mais est passée en-dessous, jusqu’à la hauteur du cockpit. Le pauvre Revson n’avait aucune chance de s’en tirer. Vraiment dommage, car Revson avait une belle carrière devant lui en F1.