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Entrevue Anne Roy : Pionnière des communications en course automobile au Canada

Entrevue Anne Roy : Pionnière des communications en course automobile au Canada

Dimanche 8 mars 2020 par Eliane Gilain
Crédit photo: Courtoisie Anne Roy

Crédit photo: Courtoisie Anne Roy

Le 8 mars est la Journée internationale de la femme. Une journée spéciale pour toutes celles qui attachent de l'importance à cette date où elles sont célébrées. Mais une seule date ne devrait limiter leurs mérites et nous tâchons de souligner régulièrement les exploits de certaines d'entre elles dans le sport automobile.

Aujourd’hui, pour cette Journée internationale, nous vous présentons une entrevue avec une professionnelle des communications en sport automobile, qui a oeuvré également à l'organisation et au marketing de séries professionnelles. Elle a travaillé en IndyCar, Formule Atlantique, Formule E et aidé plusieurs pilotes dans leur gestion des relations médiatiques au cours des années, dont Bruno Spengler, Alexandre Tagliani, Samantha Tan, et d'autres. Son nom ? Anne Roy. Celle qui est nominée pour une intronisation au Temple de la renommée du sport automobile canadien nous parle de son travail en sport automobile...

Anne, comment as-tu débuté dans le milieu de la course ?

« Je travaillais à RDS au tout début des années 1990 en tant que journaliste. J’y ai rencontré Patrick Carpentier qui a tenu à ce que je fasse une entrevue de lui alors qu’il commençait sa carrière et cherchait des commanditaires. Quelques années plus tard, Peggy Haas l’a engagé au sein de son équipe, Lynx Racing. Quand la série Formule Atlantique a entendu parler de ce que j’avais fait pour Patrick, ils m’ont demandé de travailler pour eux, m'occuper ainsi de tous leurs pilotes ! Je venais de terminer mon cours à l’Université de Montréal en journalisme et je ne gagnais pas beaucoup à RDS, alors j’ai accepté le poste.»

Par la suite, tu es partie travailler aux États-Unis ?

« Oui, cela s'est ensuite transformé en travail pour le ChampCar (CART). Par contre, en 2011 je suis revenue au Canada pour être la directrice générale de l’événement Indy à Edmonton. À ce jour, je ne pense pas qu’une autre femme ait été directrice générale d’un événement de course en Amérique du Nord. Puis en 2012, Lotus (la filière en Europe), m’a approché pour que je m’occupe de leur campagne en IndyCar, j’avais cinq pilotes à gérer dont Jean Alesi.»

Le programme Lotus en Indycar ne fut pas un succès sportif, et tu as fait une pause du sport automobile en 2013…

« Effectivement, j’ai changé complètement de domaine et je suis allée en politique. Après la fin de l’épopée de Lotus en IndyCar, j’ai songé à retourner travailler pour la série, mais ils n’engageaient plus de gens en dehors des États-Unis. J’ai donc travaillé pour Denis Coderre en 2014. Mais en 2015, j’étais de retour en sport automobile pour Newman-Wachs Racing, dans la série USF2000.»

Et maintenant, tu t’occupes de Samantha Tan, une jeune Canadienne qui tente de percer dans les séries d'Endurance comme le World Challenge et qui évolue présentement en GT4 America...

« En 2016 son père m’a contacté pour que je m’occupe d’elle, j’entame donc ma quatrième année au sein de l’équipe ST Racing. Samantha est quelqu’un de très solide, elle sait ce qu’elle veut. Je suis là pour la guider, l’épauler. Les gars ne la prenaient pas au sérieux au début. Elle se faisait souvent sortir de piste pendant les sessions alors je lui ai dit de ne pas se laisser faire. Je lui ai dit "tu n’es pas juste une fille, tu es une pilote, alors fight back" !»

Que penses-tu de la présence des femmes en sport automobile aujourd’hui ?

« Du côté des pilotes, elles doivent être considérées comme un pilote et non une femme. C'est important de comprendre ce point et je crois que c’est un peu plus facile maintenant. Mais c’est une bataille qui perdure depuis longtemps. Les femmes doivent prouver peut-être plus qu'eles ont leur place car c’est encore un monde majoritairement masculin. Les gars nous font de la place et dès que l’on se tient debout, le respect s'installe. Pour ma part, j’ai une main de fer dans un gant de velours. Il faut également s’assurer que les gens nous prennent comme nous sommes. Nous faisons une grosse différence dans ce monde ! La chose à retenir, c’est qu'il ne faut pas avoir peur et ne pas cacher notre féminité par crainte de déplaire.»

Tu es maintenant à la tête d’OSS Motorsports depuis 2017, comment est-ce que cela a débuté et qu'est-ce que c'est exactement ?

« OSS Motorsports est l’une des choses dont je suis le plus fière. En 2017, la Ville de Montréal m’a demandé d’aider à l’organisation de la Formule E à Montréal. Par la suite, avec deux de mes collègues, Philip Smirnow (opérations au Grand Prix du Canada) et Matthew Carter (ancien CEO de Lotus Racing en F1), nous avons fondé cette compagnie. Nous avons des projets d’envergure, mais je ne peux en dire plus présentement, sauf que nous travaillons pour organiser des courses de Formule E en Amérique du Nord.»