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Une série DTM avec des moteurs à l'hydrogène : Un projet pas si fou que cela ? (+ vidéo)

Une série DTM avec des moteurs à l'hydrogène : Un projet pas si fou que cela ? (+ vidéo)

Jeudi 7 novembre 2019 par Philippe Brasseur
Crédit photo: ITR

Crédit photo: ITR

Les informations faisant état de la disparition du moteur à combustion apparaissent aujourd’hui grandement exagérées. Après tout, même si les voitures à motorisation électrique ont gagné du terrain ces dernières années, les moteurs à essence représentent toujours la grande majorité des moyens de propulsion des véhicules dans le monde, et le resteront pendant des années encore.

Certes le diesel est en perte de vitesse, même en Europe où pourtant son règne a été de longue durée pour les véhicules d’usage quotidien, et les véhicules électriques sont particulièrement nombreux, en comparaison des autres territoires, au Québec. Mais les moteurs à essence dominent toujours. Toutefois de grands changements sont à venir… Notamment en sport automobile.

De nombreux constructeurs automobiles ont déjà signalé leur intention de réduire ou d’arrêter complètement leur production de véhicules à moteurs à combustion d’ici 5 à 10 ans. Cela marque un changement important de vision dans l’industrie automobile. Le secteur se transforme progressivement en adoptant de nouvelles sources d'énergie et, de plus en plus, des technologies plus avancées.

En sport automobile aussi, le changement est là. Dans quelques jours, la Formule E entamera sa sixième saison (présentation dans la prochaine édition du magazine Pole-Position). La série a connu une bonne croissance, commerciale et sportive tout au moins, d'une année à l'autre, tandis que la Formule 1 utilise depuis plusieurs saisons une technologie hybride avec système de récupération d’énergie. Mais il n’existe pas encore de série 100% électrique intégrant des modèles de série, ceux destinés aux consommateurs.

Gerhard Berger, président de l’ITR, la société qui gère la populaire série DTM où évolue le Québécois Bruno Spengler, a déclaré que : « l’important dans cette proposition est que, même si elle utilisait des composants normalisés du groupe motopropulseur, elle permettrait aux constructeurs de concourir avec leurs propres modèles, ce qui n’a pas encore été adopté par une série électrique. C’est évidemment essentiel pour la participation des fabricants et leur permet de maximiser leur marketing ».

Lors de la saison de DTM qui vient de se terminer, on a vu que les V8 atmosphériques ont fait place à de petits 4 cylindres 2 litres turbo, et ceux-ci ont permis aux pilotes de faire voler en éclat les records de piste ! L’ITR, de concert avec ses fabricants, regarde maintenant la possibilité d'introduire des technologies hybrides sur les voitures de DTM.

C’est un exercice d’équilibre délicat : comme l’a montré la F1, les technologies de batterie et de régénération sont lourdes - et coûteuses - et vont à bien des égards à l’encontre de l’une des notions dominantes de la course : plus léger = plus rapide. Mais la course automobile doit aussi servir de banc d’essai pour de nombreuses technologies qui arriveront un jour sur les véhicules de tous les jours. C’est ainsi que les manufacturiers ont souvent travaillé et cela va demeurer le cas.

L'organisateur du DTM a donc révélé être en train d’explorer des solutions en matière de groupe motopropulseur et a divulgué aujourd’hui une étude sur la manière dont les voitures de course pourraient évoluer pour intégrer encore plus de nouvelles technologies, tout en préservant la puissance et le spectacle qui ont rendu le sport automobile si fascinant, n’en déplaise à ses détracteurs, bien souvent très mal informés des réalités du domaine.

La vision de l’ITR va bien au-delà des actuelles voitures électriques. Les dirigeants de la série basée en Allemagne travaillent à une nouvelle série qui combinerait l’énergie de deux sources distinctes : les batteries et les piles à combustible, qui transforment l’hydrogène en énergie électrique.

Car alors que les séries de courses électriques actuelles se concentrent sur l’utilisation de batteries, certains pensent que la technologie de la pile à combustible à hydrogène sera la prochaine étape importante dans la technologie utilisée en automobile. On le constate au Québec avec la création de stations-service pour recharge en hydrogène. Mais ce n’est pas tout le monde qui voit en ce combustible - logiquement réputé dangereux - une solution d’avenir pour l’automobile.

Du côté de l’ITR, on y croit cependant : « Une voiture de course de type DTM utilisant des piles à combustible à hydrogène abriterait les réservoirs dans son monocoque en fibre de carbone, garantissant leur localisation et leur stockage en toute sécurité. Les ravitaillements à mi-course verraient les voitures changer de pile à combustible (une opération effectuée par un robot - voir photo ci-dessus), pour fournir une nouvelle énergie pour le reste de la course » précise-t-on. Et le défi humain dans tout cela ? Envolé ?

Une série de sport automobile mettant aux prises des voitures utilisant la technologie des piles à combustible, afin de transformer l’hydrogène en énergie électrique, est du domaine du possible selon eux. Rappelons de plus qu’en Endurance, une voiture à l’hydrogène a effectué quelques tours de démonstration en prélude aux 4 Heures ELMS de Spa-Francorchamps, il y a moins de deux mois.

Peut-être que dans 5 ou 10 ans, on relira cet article en se disant que c’était un projet un peu fou, qu’il n’avait aucune chance d’aboutir à une utilisation de masse. Ou au contraire, compte-tenu de l’évolution très rapide des technologies, plusieurs des éléments proposés par l’ITR aujourd’hui seront d’ici 2025 le présent du DTM et de bien d’autres véhicules en sport automobile et sur la route de tous les jours !