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WRC : Oliver Solberg triomphe au Rallye Monte-Carlo et entre dans l’histoire

WRC : Oliver Solberg triomphe au Rallye Monte-Carlo et entre dans l’histoire

Dimanche 25 janvier 2026 par Steeve Fortin
Crédit photo: Clément Tavernier

Crédit photo: Clément Tavernier

Oliver Solberg a signé une performance historique au Rallye Monte-Carlo 2026 en devenant le plus jeune pilote à s’imposer dans la classique hivernale depuis l’avènement du championnat du monde des rallyes. À 24 ans, le pilote suédois entame sa première saison complète avec Toyota de façon éclatante, devançant Elfyn Evans de 51,8 secondes après 17 spéciales marquées par des conditions redoutables.

Le Rallye s’est ouvert jeudi soir dans des conditions imprévisibles. Si les routes étaient encore partiellement dégagées dans la première spéciale, l’arrivée dans les hauteurs enneigées des Alpes du Sud a rapidement changé la donne. Elfyn Evans et Scott Martin, au volant de la Toyota GR Yaris Rally1, signaient le meilleur temps dans l’ES1. Mais ce sont Oliver Solberg et Elliott Edmondson, également sur Toyota, qui ont pris l’ascendant en réalisant une performance impressionnante dans Esclangon – Seyne-les-Alpes, où ils ont devancé Evans de plus de 30 secondes sur une route glacée, rythmée par la neige fondante et les nappes de glace noire. Sébastien Ogier et Vincent Landais concédaient plus d’une minute.

La troisième spéciale a été marquée par un épais brouillard et une visibilité dangereusement réduite. Plusieurs équipages, dont Evans, Thierry Neuville/Martijn Wydaeghe (Hyundai i20 N Rally1), ainsi qu’Adrien Fourmaux/Alexandre Coria (Ford Puma Rally1), ont exprimé leur inquiétude quant à la sécurité du parcours. Evans a déclaré ne voir que les vestes des officiels sur le bord de la route, et Fourmaux a dû ouvrir sa portière en pleine spéciale pour s’orienter. Après le passage de seulement sept voitures de la classe Rally1, la direction de course a interrompu l’épreuve au drapeau rouge. Des temps forfaitaires ont été attribués aux suivants. Ogier, l’un des derniers à s’élancer, avait néanmoins réussi à signer le meilleur temps, réduisant quelque peu son retard.

À l’issue de cette première journée, Solberg comptait une avance de 44,2 secondes sur Evans et de plus d’une minute sur Ogier. Le jeune pilote Toyota, de retour à temps plein en WRC, se disait satisfait de sa prestation : « C’est probablement ce que j’ai fait de plus fou au volant. Je me suis vu sortir plusieurs fois mais c’est passé. »

Vendredi, Solberg a poursuivi sur sa lancée. Malgré une crevaison lente dans la cinquième spéciale, il a maintenu un rythme soutenu, signant trois meilleurs temps et portant son avance à plus d’une minute. Evans et Ogier se sont livrés un duel stratégique pour la deuxième place, avec Ogier qui grugeait seconde par seconde en fin de journée, notamment grâce à un chrono solide dans la spéciale Aspremont disputée de nuit sous la pluie.

Samedi matin, la région de Gap se réveillait sous un tapis blanc. La spéciale de La Bréole – Bellaffaire, longue de près de 30 kilomètres, a posé de sérieux défis aux équipages. Ogier y signait le meilleur temps, se rapprochant d’Evans dans la lutte pour la deuxième place. Solberg, prudent dans cette première boucle, conservait toutefois une avance confortable. Mais c’est dans la deuxième boucle que l’incident le plus marquant de la journée est survenu. Solberg a perdu l’adhérence à la sortie d’un virage enneigé, glissant hors de la route et traversant une clôture. Malgré cette sortie de route, il a réussi à remettre sa GR Yaris sur la chaussée et, contre toute attente, à signer le meilleur temps de la spéciale. « Je ne sais pas comment j’ai fait pour m’en sortir. J’étais très prudent, mais il y avait une grosse plaque de neige sur la trajectoire. J’ai eu beaucoup de chance » a-t-il reconnu à l’arrivée.

En soirée, le retour du rallye dans les rues de Monaco, pour la première fois depuis 2008, a offert une scène spectaculaire malgré la pluie. Takamoto Katsuta et Aaron Johnston (Toyota GR Yaris Rally1) y ont brillé un moment, mais c’est Fourmaux qui a finalement signé le meilleur temps. Solberg, victime d’un tête-à-queue lors d’un virage serré, a néanmoins conservé la tête avec 59,3 secondes d’avance sur Evans et 1'25" sur Ogier avant l’ultime journée.

Ce dimanche, Solberg disposait d’une avance de plus d’une minute au départ de l’étape finale. Pourtant, rien n’était joué. Dans les lacets glacés de La Bollène-Vésubie, le jeune pilote a momentanément perdu le contrôle de sa GR Yaris et s’est retrouvé en travers de la route. Il a pu repartir rapidement, concédant quelques secondes mais conservant son calme pour conclure sur le Col de Turini, théâtre de la Power Stage. « C’est le rallye le plus difficile que j’ai fait dans ma vie » a-t-il confié à l’arrivée. « C’est ma première épreuve sur asphalte avec cette voiture, et on gagne le Monte-Carlo. C’est irréel. Merci à Toyota pour leur confiance » a-t-il conclu.

L’ordre final de ce Rallye Monte-Carlo 2026 est donc Oliver Solberg et Elliott Edmondson vainqueurs devant leurs coéquipiers Elfyn Evans et Scott Martin, deuxièmes à 51,8 secondes. Sébastien Ogier et Vincent Landais complètent le podium à plus de deux minutes. Adrien Fourmaux et Alexandre Coria terminent quatrièmes malgré une pénalité de 30 secondes, suivis de Thierry Neuville et Martijn Wydaeghe, cinquièmes. Léo Rossel et Guillaume Mercoiret, au volant de leur Citroën C3 Rally2, prennent une brillante sixième place et s’imposent en WRC2. Takamoto Katsuta et Aaron Johnston terminent septièmes devant Roberto Daprà et Luca Guglielmetti, huitièmes. Arthur Pelamourgues et Bastien Pouget se classent neuvièmes, tandis qu’Éric Camilli et Thibault de la Haye ferment le Top 10. Pour le classement complet, cliquez ici.