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Kuno Wittmer et sa découverte du Rallye de Charlevoix : « Faut que j’essaye ça un jour ! »

Kuno Wittmer et sa découverte du Rallye de Charlevoix : « Faut que j’essaye ça un jour ! »

Mardi 2 novembre 2021 par Philippe Brasseur
Crédit photo: Philippe Brasseur

Crédit photo: Philippe Brasseur

Pilote professionnel en Endurance (sur Acura, Viper, BMW, Aston Martin, Audi et maintenant McLaren) depuis le milieu des années 2000, après avoir roulé en monoplace (F1600 et F.Renault Fran-Am) et en série Honda/Michelin au Canada, Kuno Wittmer évolue cette saison en IMSA Michelin Pilot Challenge, aux États-Unis. Il a remporté deux victoires plus tôt cette année, à Daytona puis à Mid-Ohio, sur la McLaren 570s de l’équipe AWA partagée avec Orey Fidani puis Chris Green. Des stats que vous connaissez sans doute si vous lisez régulièrement nos nouvelles et les chroniques exclusives que le pilote montréalais tient dans les pages du magazine Pole-Position depuis juillet 2003 (il avait alors 20 ans) !

Mais Kuno Wittmer est aussi le fils de Patrik Wittmer, pilote toujours actif en circuit routier (série SPC), et le petit-fils de Kuno Wittmer Sr qui fut, les plus anciens s’en rappelleront, l’un des fondateurs du Club Autos Sport La Licorne (le plus important club de rallye au Québec) en plus d’avoir été 5 fois champion du Québec des rallyes dans les années 1960.

Le rallye, une discipline que le lauréat des 24 Heures de Daytona 2015 n’avait encore jamais vue autrement qu’à la télévision. « Pour moi, le monde du rallye, c’était quelque chose de spécial. J’ai toujours eu beaucoup de respect pour ce que font ces pilotes en les regardant à la télévision mais je n’en savais pas plus » indique Kuno. Alors pour remédier à cette "lacune", les organisateurs du Rallye de Charlevoix et Pole-Position Magazine lui ont proposé d’être l’un de leurs invités pour l’édition présentée les 22 et 23 octobre derniers.  

Une expérience sur laquelle Kuno reviendra dans la prochaine édition du magazine Pole-Position (parution le mois prochain) mais nous souhaitions revenir sur le sujet dès à présent car sitôt après avoir vu passer la première voiture de compétition dans la fameuse spéciale sur asphalte sur le chemin des Falaises à La Malbaie, Kuno a eu cette réflexion : « faut que j’essaye ça un jour ! ». La passion du pilote avait, sans surprise, pris le dessus sur l’invité-média !

« Je dois avouer que j’ai eu deux sentiments au tout début. Je me suis dit : ils sont fous… et faut que j’essaye ça un jour ! Ce qui m’a un peu dérouté en voyant la première spéciale, c’est le fait qu’en rallye, les officiels, les médias et les spectateurs (quand ils peuvent être présents) sont proches de la route tandis qu’en circuit routier, ils sont à 100 ou 200 pieds de la piste. Cela avait un côté un peu dangereux dans ma tête, je voulais tout le temps reculer » confie Kuno. Il ajoute : « mais j’ai très vite vu que les normes de sécurité sont bonnes et que le plaisir que les pilotes et les co-pilotes ressentent dans ces voitures est important ».

Outre les spéciales sur asphalte à La Malbaie et Clermont, Kuno Wittmer s’est aussi rendu au bord de parcours forestiers, là où se gagne le Rallye de Charlevoix : les étapes chronométrées sur routes en terre et gravier.

Plus que maîtriser une voiture sur le gravier, apprendre le "langage" que doivent utiliser pilote et co-pilote dans l’habitacle serait toutefois le plus gros défi d’un pilote de circuit routier, selon lui : « j’ai regardé plusieurs vidéos de caméra embarquée tout en suivant le cahier de notes descriptives que les organisateurs du Rallye de Charlevoix m’ont donné… Je n’y comprenais vraiment rien mais je dois dire que j’ai trouvé cela extraordinaire de voir cette communication entre le pilote et son navigateur. C’est assurément le plus gros apprentissage pour quelqu’un venant d’une autre discipline ».

« Contrairement à nous, pilotes de circuit routier qui avons 2, 3 ou même 4 séances d’essais avant une course, en rallye il n’y a qu’un seul passage à haute vitesse, c’est quand tu es en course. Donc tu n’as qu’une seule chance. En plus, en circuit routier, tu ne veux pas que la voiture parte en-travers, ce n’est pas bon si ça arrive. En rallye, j’ai adoré voir ces gars-là braquer et contre-braquer en entrée de courbe. Ça montre comment ils sont vraiment connectés avec le véhicule » souligne Kuno.

De là à dire qu’il sera au départ de l’édition 2022 du Rallye de Charlevoix, il est évidemment prématuré de l’envisager. Encore que… « Il me faudrait d’abord apprendre les bases; aller dans une école de rallye puis travailler la préparation avec un co-pilote et une équipe. Le pilotage et le travail de l’équipage sont pour moi les deux plus belles découvertes de cette expérience au Rallye de Charlevoix et c’est vrai que cela m’a donné la piqûre… Donc oui, je dirais que c’est sûr à 100% que je vais faire du rallye un jour. Ma carrière en circuit routier se passe encore très bien donc je ne veux pas la délaisser mais le rallye serait pour moi un à-côté pour le plaisir. Un bon apprentissage, un bon co-pilote, une bonne équipe, un commanditaire et… pourquoi pas dès 2022 en fin de compte ? » nous confie-t-il avec le sourire.

Il reste à Kuno Wittmer une épreuve à disputer à la saison 2021 d’IMSA Michelin Pilot Challenge (photo ci-dessous), en marge du Petit Le Mans à Road Atlanta dans 12 jours. Son programme 2022 est également confirmé. Mais, « il va falloir être patient encore quelques jours avant que l’annonce officielle n’intervienne » conclut-il.

Crédit photo: Luke Munnell / AWA