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Kuno Wittmer : « Le genre de course vécue à Mid-Ohio, c’est le scénario dont tout pilote rêve !»

Kuno Wittmer : « Le genre de course vécue à Mid-Ohio, c’est le scénario dont tout pilote rêve !»

Lundi 17 mai 2021 par Philippe Brasseur
Crédit photo: Sam Cobb / LAT Images

Crédit photo: Sam Cobb / LAT Images

Samedi sur le circuit de Mid-Ohio, un équipage québécois a remporté la course de la série IMSA Michelin Pilot Challenge. Qualifié deuxième, Chris Green a mené les premières minutes de course avec la McLaren 570s GT4 de l’écurie AWA. Puis il a confié le volant à Kuno Wittmer qui a parachevé le travail, non sans avoir dû résister à la pression de ses adversaires dans les derniers tours.

Chris Green remplaçait Orey Fidani au pied levé. La conjointe du pilote ontarien devant donner naissance à leur petit garçon dans les prochains jours, Fidani n’a pas voulu courir le risque d’être en déplacement aux États-Unis quand l’heureux événement allait se produire.

Pour Kuno Wittmer, difficile de trouver meilleur remplaçant que Chris Green, Montréalais comme lui. Kuno reviendra évidemment sur cette fin de semaine de Mid-Ohio dans sa chronique exclusive, dans la prochaine édition du magazine Pole-Position. Mais dès à présent, nous avons recueilli ses impressions suite à cette deuxième victoire en trois courses cette saison…

Kuno, avant toute chose il faut d’abord parler du retour de Chris Green dans la série, et à titre de ton coéquipier. Comment s’est passé la collaboration avec lui ?

C’est la première fois que nous faisions équipe ensemble mais on se connaît depuis plus de 20 ans. Au début, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, bien que je savais que c’est un super piloter. Mais ce fut une collaboration vraiment parfaite avec lui. Chris n'est pas juste talentueux, il est très professionnel. Il passe beaucoup de temps à analyser les données et une fois en piste, on a tous vu ce dont il était capable.

Malgré tout, est-ce que vous avez changé vos plans en fonction de la présence de Chris au lieu d’Orey, par exemple en lui donnant plus de temps de piste pour retrouver ses marques ?

C’est vrai qu’il n’avait plus piloté en IMSA depuis un an et demi mais ça ne me stressait pas car on avait tout de même deux séances d’essais libres et une qualification avant la course. Après la première séance, on a travaillé sur les datas pendant 2-3 heures et, pour un gars de son niveau, c’est amplement suffisant pour être ensuite au meilleur niveau. En plus, il connaît à la fois Mid-Ohio, notre équipe et la McLaren 570s GT4. Ça a permis de ne rien changer au plan initial, à savoir que lui faisait la qualif et commençait la course.

On savait la McLaren compétitive sur des circuits rapides, comme ta victoire avec Orey à Daytona fin janvier l’avait rappelé. Mais sur une piste technique comme Mid-Ohio, ce fut plutôt une surprise de voir que vous étiez en lutte pour la victoire. As-tu toi aussi été étonné ?

Plutôt oui que non, je l’avoue ! Je ne m’attendais pas à pouvoir gagner la course, plutôt à récolter un Top 10. Mais nous avons remarqué que lorsque la piste de Mid-Ohio se dégrade, qu’elle se remplit de poussière et devient donc plus glissante, notre voiture réagit mieux que la plupart des autres à ces changements. La Porsche et la McLaren se sont révélées les meilleures dans ces conditions.

Ta fin de course a été épique, avec une lutte à 4 pilotes pour la première place dans les derniers tours. C’est pour toi une de tes plus belles victoires que de gagner avec autant d’adversité ?

Comme pilote de course depuis 25 ans, je dirais que le scénario vécu à Mid-Ohio est ce dont on rêve ! C’est passionnant pour les fans mais tout autant pour le pilote dans la voiture ce genre de fin de course. En résumé : c’était super le fun ! De me battre aussi contre des pilotes de très haut calibre est valorisant, alors oui, parmi les courses sprint que j’ai disputées dans ma carrière, c’est une des plus belles.

Tu te retrouves désormais seul en tête du championnat avec 120 points d’avance sur tes plus proches rivaux. C’est énorme. Comment vois-tu le reste de la saison ?

Lorsque j’étais en tête de la course, je faisais des calculs dans ma tête en me disant que parmi les pilotes avec qui je me battais pour la victoire, aucun n’était parmi les premiers au championnat, que ça allait être vraiment un bon résultat ! J’avais donc une idée d’où je me trouvais au championnat au moment de croiser la ligne d’arrivée. Cependant, si on m’avait dit en début d’année que je serais premier avec autant d’avance aux points après trois courses, je ne l’aurais pas cru. C’est un rêve mais en même temps il faut continuer à travailler, avec toute l’équipe AWA, pour marquer des points à chaque course. C’est là le secret, c’est ainsi que je vois les choses pour les prochaines épreuves : marquer des points, finir chaque course. C’est comme ça qu’on remporte un championnat.