Site officiel de Pole-Position Magazine - Le seul magazine québécois de sport automobile

www.Poleposition.ca

Site officiel de Pole-Position Magazine
Nouvelles Twitter

2 janvier : Fin de l’aventure de l’écurie de Formule 1 Arrows, mise en liquidation

2 janvier : Fin de l’aventure de l’écurie de Formule 1 Arrows, mise en liquidation

Samedi 2 janvier 2021 par René Fagnan
Crédit photo: WRI2

Crédit photo: WRI2

L’écurie de Formule 1 Arrows, qui a couru en Championnat du monde durant 24 saisons, possède un record peu enviable : celui d’avoir disputé 382 Grands Prix sans parvenir à décrocher une seule victoire...

Les 40 pilotes qui ont conduit pour Arrows (renommée Footwork entre 1991 et 96) n’ont marqué que 167 points, n’ont obtenu qu’une seule pole position et ne sont montés sur le podium qu’à neuf reprises. C’est un palmarès assez... mince.

L’écurie Arrows est d’abord née dans la controverse. Fin 1977, des dirigeants et ingénieurs de l’écurie Shadow quittent le navire et créent leur propre écurie de F1, Arrows. L’appellation est formée des premières lettres de leurs noms de famille : le financier Franco Ambrosio, Alan Rees, l’ancien pilote Jackie Oliver, le concepteur Dave Wass et le directeur technique Tony Southgate.

Avant de partir, Southgate avait dessiné la plus récente Shadow, la DN9. Devant sa table à dessins chez Arrows, il ne peut renier sa mémoire et dessine l’Arrows FA1 qui est en fait une copie de la DN9... Au Grand Prix d’Afrique du Sud, Riccardo Patrese rate de justesse de faire gagner l’Arrows. Le patron de Shadow, Don Nichols, intente alors un procès pour plagiat à Arrows. La justice lui donne raison et Southgate, qui avait prévu de perdre ce procès, a vite conçu un nouveau bolide, l’A1, qui débute en août 1978.

Les premiers modèles d’Arrows, de l’A1 jusqu’à l’A6 de 1984, sont propulsés par le moteur atmosphérique Ford Cosworth DFV et ne connaissent pas trop de succès. Puis, de 1984 à 1990, les monoplaces Arrows sont motorisées par le moteur BMW turbo, sans connaître plus de réussite.

L’écurie britannique est ensuite achetée par Wataru Ohashi, via sa société Footwork, qui obtient que Porsche lui fabrique un moteur V12. En fait, la firme allemande connecte simplement bout à bout deux moteurs V6 TAG, dépourvu des turbos. Il en résulte un gros V12 anémique qui pèse une tonne et qui casse sans arrêt. En six saisons sous le nom de Footwork, l’écurie n’obtient qu’un seul podium et ne marque que 25 points.

Arrows tombe entre les mains de Tom Walkinshaw

En 1996, Tom Walkinshaw rachète 51 % de l'écurie et en prend graduellement le contrôle. Walkinshaw recrute Frank Dernie et Damon Hill et obtient les moteurs Yamaha et les pneus Bridgestone pour la saison 1997 (photo ci-dessus). Hill mène en Hongrie jusqu’à ce qu’une pièce à 15 sous casse en fin de course, le forçant à ralentir et permettant à Jacques Villeneuve et sa Williams de le doubler et de filer vers la victoire. Puis, Walkinshaw rachète les moteurs Hart qu’il rebaptise Arrows. Sans succès, encore.

Les comptes sont dans le rouge et Walkinshaw doit vendre une partie de ses parts en 1999. Arrive en scène un mystérieux prince nigérian, Malik Ado Ibrahim, qui achète 30 % des parts et promet d’investir 125 millions de dollars dans l’écurie. Promesse non tenue et le fameux prince disparaît dans la nature et laisse un gros trou dans les finances de l’écurie. Sur la piste, les Arrows A20 collectionnent les pannes mécaniques.

Malgré la venue de commanditaires majeurs, comme Zepter, Repsol et Orange, les Arrows sont toujours lentes et fragiles et roulent désespérément en queue de peloton. Les A21 de 2000, pilotées par Jos Verstappen et Pedro de la Rosa, sont réussies et marquent quelques points. C’est différent en 2001 quand les A22 sont motorisées par le moteur Asiatech, né Peugeot. Le seul fait d’arme de l’écurie est la sixième place décrochée par Verstappen en Autriche.

En 2002, Walkinshaw doit dépenser beaucoup d’argent. La location des moteurs Cosworth V10 est chère et la justice l’oblige à verser des pénalités à ses anciens pilotes, Jos Verstappen et Pedro Diniz, pour bris de contrats. Aux commandes des A23, Heinz-Harald Frenzten et Enrique Bernoldi ne disputent que 11 Grands Prix qui se résument en 12 bris mécaniques, deux disqualifications et deux sixièmes places décrochées par Frentzen qui est engagé au course-par-course.

En France, les deux pilotes disputent les qualifications au ralenti afin de ne pas respecter la règle des 107 % et ainsi ne pas prendre le départ de la course. Le dernier Grand Prix de l’écurie Arrows est celui d’Allemagne en 2002, soldé (encore une fois) par deux abandons sur bris mécaniques. C’est fini ; on ne revoit plus les Arrows en F1.

Walkinshaw utilise tous ses contacts pour tenter de trouver un nouvel investisseur ou un repreneur. C’est peine perdue. Le 2 janvier 2003, l’écurie Arrows est mise en liquidation et tout est vendu. Quant à l’usine de Leafield, elle sera reprise par la nouvelle écurie de F1, Super Aguri. Quant à Tom Walkinshaw, qui avait connu beaucoup de succès en Endurance à l'époque où sa structure (TWR) gérait le programme Jaguar, il est décédé des suites d'un cancer en 2010.