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Est-ce que le sport automobile devrait être une vitrine politique ? (Partie 1)

Est-ce que le sport automobile devrait être une vitrine politique ? (Partie 1)

Mercredi 15 juillet 2020 par Eliane Gilain
Crédit photo: Mercedes F1/LAT Images

Crédit photo: Mercedes F1/LAT Images

Outre l’aspect humain et technique, voire technologique, le sport automobile est aussi un spectacle dans son ensemble. Mais si l’action offerte en piste est généralement la motivation principale pour laquelle les fans sont dans les estrades ou devant leur télévision, lors d’événements importants (quand ceux-ci ne sont pas à huis clos comme c’est souvent le cas ces temps-ci), il n’est pas rare de voir déambuler dans les paddocks des célébrités, des figures politiques et des gens d’influence. Si les passionnés n’y trouvent guère d’intérêt, le grand public apprécie ces parades de vedettes.

Toutefois, à l’aube d’une élection présidentielle historique aux États-Unis, est-ce que la course automobile, plus précisément le NASCAR américain, est l’endroit idéal pour lancer une campagne politique ? Il semblerait que la réponse à cette question est oui depuis que Corey Lajoie, pilote de l’écurie GO Fas Racing en série Cup, est arrivé avec un grand slogan "Trump 2020" sur le capot avant de sa Ford No.32 lors de l’épreuve disputée le dimanche 5 juillet dernier au Indianapolis Motor Speedway.

Cela a suscité de nombreuses réactions, partisanes bien sûr, mais plus généralement sur la question de la place des messages politiques dans le sport. Chez NASCAR, on se retrouve ainsi obligé de réfléchir à la question de devoir éventuellement un jour bannir les messages de partis ou de campagnes politiques sur les voitures de compétition.

Outre le sport automobile, il est difficile de penser à un sport qui n’ait jamais présenté de messages politiques. Des équipes de soccer, de football ou de hockey l’ont fait occasionnellement, au fil du temps. Habituellement, les liaisons politiques et économiques se font plutôt entre les dirigeants, dans les loges privées durant les parties, ou bien à huis clos.

Mais tout cela c’était avant que démarre le mouvement de Colin Kaepernick aux États-Unis, en 2016. Un mouvement qui a pris une ampleur importante dans le sport professionnel autour du globe. Rappelons que le joueur de football des 49ers s’était assis lors de l’hymne national, avant une partie. Pour les matchs suivants, il avait plutôt décidé de s’agenouiller. Tout cela dans le but de dénoncer la brutalité policière, la discrimination systémique et le racisme dans son pays.

Ses actions lui ont valu l’attention du président américain Donald Trump, qui avait réagi par l’un de ses tweets cinglants en demandant le renvoi de Kaepernick. À la fin de la saison 2017, le joueur devenait agent libre, relâché par l’équipe de San Francisco. Les dés étaient alors jetés et la politique passait maintenant par la porte des vestiaires alors que les joueurs se révoltaient.

Évidemment, cela a créé une certaine onde de choc à l’époque, mais la société est bien vite passée à autre chose. Le décès de George Floyd, homme afro-américain, à Minneapolis plus tôt cette année, a réveillé le mouvement, au-travers de la campagne BLM (Black Lives Matter), et des centaines de milliers de personnes sont allées dans les rues en signe de protestation, pas seulement dans les grandes villes américaines, mais presque partout dans le monde.

À la lumière de l’élan de solidarité que ce mouvement a reçu, la Formule 1 a remis à tous les pilotes un chandail noir avec la mention "End Racism", qu’ils ont porté avant le départ de la première course de la saison, le 5 juillet dernier en Autriche. Plusieurs pilotes ont également décidé de s’agenouiller pendant l’hymne national (photo ci-dessus), signe maintenant largement reconnu pour dénoncer le racisme.

Si ces actions semblent acceptées par les fans de Formule 1, c’est autre chose aux États-Unis. Depuis la renaissance du mouvement BLM, Bubba Wallace (Petty Motorsports), qui évolue en NASCAR Cup et qui est le seul pilote afro-américain dans la série, a pris part aux dénonciations. Toutefois, l’opinion publique américaine est très différente de celles du reste du monde, et si les séries professionnelles tentent tant bien que mal de cacher leurs agendas politique, aux États-Unis, c’est tout le contraire.

Il faut tenir compte de cette réalité, cette spécificité américaine. Mais ne devrait-on pas plutôt dire cette spécificité de NASCAR ? Avez-vous déjà des voitures affichant très visiblement des messages politiques en IndyCar, en Endurance, ou dans les séries américaines de rallye par exemple ? Très rarement, voire jamais. Alors pourquoi en NASCAR ? Parce que ce sont les courses les plus populaires aux États-Unis, mais pas unqiuement. Le phénomène est plus complexe.

Nous vous invitons à découvrir pourquoi dans la seconde partie de ce sujet, en cliquant ici