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16 juin : Michele Alboreto économise du carburant et gagne le GP du Canada en 1985

16 juin : Michele Alboreto économise du carburant et gagne le GP du Canada en 1985

Mardi 16 juin 2020 par René Fagnan
Crédit photo: René Fagnan

Crédit photo: René Fagnan

Michele Alboreto et la Scuderia Ferrari avaient commencé la saison 1985 de Formule 1 de belle façon, incluant une magnifique victoire au Grand Prix du Canada sur le circuit Gilles-Villeneuve.

Au cours quatre premiers Grands Prix de la saison, Alboreto avait déjà récolté trois secondes places. Lui et son coéquipier, Stefan Johansson, étaient arrivés à Montréal en bonne position, et savaient que ce tracé était favorable aux Ferrari 156/85 turbo.

Une bonne position sur la grille de départ était importante, mais un calcul exact de la consommation de carburant était crucial sur cette course longue de 308,7 km. Plusieurs voitures, incluant les Ferrari, McLaren-TAG, Alfa Romeo et les Williams-Honda, étaient munies de calculateurs électroniques de la consommation d’essence, car la capacité des réservoirs était limitée à 220 litres. Il ne fallait pas foncer tête baissée ; il fallait savoir ralentir et économiser du carburant quand c’était essentiel.

Les Lotus-Renault monopolisent la première ligne de départ, avec Elio de Angelis en pole position devant Ayrton Senna et Alboreto. Après un départ sans ennui, de Angelis mène, mais Senna s’arrête dès le 6e tour à cause d’un collier de turbo qui s’est desserré.

Au 16e tour, Alboreto parvient à déborder de Angelis par l'extérieur et prend la tête. La foule jubile comme si on était à Monza ! Alboreto contrôle la course ainsi que la consommation de carburant de son moteur V6 turbo. À partir de la mi-course, les pneus de la Lotus de de Angelis perdent leur efficacité, ce qui permet à Johansson de le rattraper, puis de le doubler.

Avec une dizaine de tours à compléter, Johansson rejoint Alboreto, mais ce dernier ne se laisser pas intimider et hausse le rythme. Johansson n’insiste pas, et se résous à terminer deuxième. C’est à ce moment qu’il s’aperçoit que la McLaren-TAG d’Alain Prost est collée à sa Ferrari ! Toutefois, Prost voit soudainement des chiffres de consommation d’essence inquiétants s’afficher sur son ordinateur de bord et le Français, qui ne veut pas tomber en panne sèche, décide de lâcher du lest.

Michele Alboreto remporte la victoire, sa 4e en carrière et la 90e de Ferrari. Johansson termine second et monte sur le podium pour la première fois de sa carrière en F1. Prost se classe troisième, et voit Alboreto grimper au sommet du classement des pilotes.

Alboreto termine second en Grande-Bretagne et gagne à nouveau en Allemagne. L’Italien semble filer vers le titre mondial. En Autriche, lui et Prost sont ex æquo avec 50 points.

Par contre, la fin de saison est désastreuse pour Alboreto...  Ses cinq derniers Grands Prix sont catastrophiques. Tout casse sur sa Ferrari : moteur, embrayage, turbo, transmission... Au final, Alboreto se classe second au Championnat monde derrière Prost. Il est extrêmement déçu et amère.

Alboreto dispute trois autres saisons avec Ferrari, sans grands succès, car les bolides rouges ne sont vraiment pas fiables. Puis, il fera la tournée des petites écuries sans argent : Tyrrell, Larrousse, Arrows (Footwork), Scuderia Italia et Minardi. Quel talent gaspillé.

Il renaît dans les courses d’endurance. Il gagne les 24 Heures du Mans en 1997 avec Joest Racing puis est recruté par Audi. Il remporte les 12 Heures de Sebring en 2001, mais se tue le 25 avril lors d’essais sur le circuit du Lausitzring quand sa Audi R8 percute les rails suite à une crevaison qui survient à 320 km/h. Ciao Michele.