Site officiel de Pole-Position Magazine - Le seul magazine québécois de sport automobile

www.Poleposition.ca

Site officiel de Pole-Position Magazine
Nouvelles Twitter

Entrevue Toto Wolff : Documentaire Netflix, moteurs hybrides et Niki Lauda... (Partie 2)

Entrevue Toto Wolff : Documentaire Netflix, moteurs hybrides et Niki Lauda... (Partie 2)

Mercredi 19 juin 2019 par Eliane Gilain
Crédit photo: Wolfgang Wilhelm / Mercedes AMG

Crédit photo: Wolfgang Wilhelm / Mercedes AMG

Lors du Grand Prix du Canada il y a deux semaines, le directeur de l’équipe Mercedes F1, Toto Wolff, a rencontré plusieurs membres des médias lors d’un déjeuner. Dans cette seconde partie de son entrevue (voir Partie 1 hier sur poleposition.ca), il s’est livré sur ses impressions du sport, ses désirs, l’avenir et également Niki Lauda.
 
Avec Mercedes qui participe désormais à la Formule E, où voyez-vous la Formule 1 dans 10 ans ? Avec des moteurs entièrement électriques ?
 
« Je pense que la prochaine génération de moteurs sera plus électrique, plus hybride, seulement à cause de la performance. L’électricité et l’énergie renouvelable deviennent plus puissantes chaque année et elles viennent naturellement. Actuellement, les moteurs sont électriques à un peu moins de 20%, la prochaine génération sera 50% électrique.»
 
Êtes-vous d'accord avec l'analyse qui veut que les courses de Formule 1 sont devenues prévisibles, que le sport n’est plus ce qu’il était autrefois ?
 
« Tout ce qui est prévisible n’est pas intéressant, c’est un fait. Et nous n’aidons pas la cause en ce moment, mais ce n’est pas la mission. Nous sommes dans une situation bizarre, car d’une part, en tant que fan, nous aimerions voir des courses hautes en action et des batailles entre les équipes, mais de l’autre côté, nous voulons performer au maximum de nos capacités. Alors en ce moment je n’ai pas de solution, mais je comprends la gravité de la situation. Encore une fois, on ne devrait ne pas toucher aux règles.»
 
La saison 1 de Drive to Survive, qui documente la saison 2018 de F1 et est visionnable sur Netflix s’est fait sans Mercedes et Ferrari. Cette année, vous avez annoncé que Mercedes participera à un épisode. Pourquoi avoir changé d’idée ?
 
« Nous ne l’avons pas fait l’an dernier, car ce n’était pas le bon moment. Je pensais que ça serait trop une grande distraction pour l’équipe. J’ai regardé le documentaire en me rendant en Australie au début de la saison et je ne l’ai pas aimé car je trouvais que ça ne montrait pas vraiment ce qui arrive en piste. Pourtant, des personnes qui m’en ont parlé et qui ne sont pas des fans avides de Formule 1 ont adoré. Alors je l’ai regardé de nouveau et j’en suis venu à la conclusion qu’ils ont montré des histoires en piste qui n’existent vraiment pas, mais le documentaire est axé sur les personnalités et les caractères des pilotes. Ils ont montré un nouvel angle et sont allés chercher une nouvelle audience. C’est pourquoi nous avons décidé de nous joindre au documentaire en 2019, mais seulement pour une course; probablement le Grand Prix d'Allemagne à Hockenheim.»
 
Pour réformer un peu la Formule 1, que pensez-vous de l'idée avancée depuis plusieurs années maintenant d'avoir au départ des équipe à trois voitures au lieu de deux ?
 
« J’adorerais ça ! Ça permettrait des préqualifications comme avant. Ce qui rendrait les choses encore plus excitantes c’est de ne permettre qu’à deux voitures par écurie de se qualifier en vue de la course, vous pourriez ainsi avoir un prétendant au titre non qualifié pour une course, car il était le plus lent des trois pilotes de l’équipe ! Si cela ne tenait qu'à moi, je rendrais la troisième voiture obligatoire pour toutes les équipes de F1.»
 
Allez-vous en parler à Formula 1 Management et Liberty Media ?
 
« Personne ne m’écoute là bas !»
 
Maintenant que votre collègue et ami Niki Lauda s’est éteint, faites-vous plus de tâches au sein de l’équipe ?
 
« Ça fait déjà un moment que je fais plus de tâches, puisque Niki ne venait plus aux courses depuis juillet. Le rôle qu’il avait était de m'ôter des occupations. Il était aussi notre ambassadeur à l’étranger, il se rendait à des soirées et événements. Ça fait plus de travail pour moi maintenant, mais je ne suis pas seul, nous avons des fondations solides chez Mercedes F1, des gens qui sont très travaillant. Toutefois, nous nous ennuyons de lui et de sa position au sein de l’équipe.»
 
Vous souvenez-vous de la dernière fois que vous lui avez parlé ?
 
« Oui ! C’était le dimanche soir, après le Grand Prix de Bakou le 28 avril dernier . Il m’a dit "bravo, continuez exactement comme ça". Après cela, sa santé s’est dégradée. En fait, ça a débuté ici, à Montréal, l’an dernier, avec sa toux. Il avait une infection pulmonaire qu’il ne traitait pas convenablement. Il était venu à Montréal, était allé pratiqué dans un simulateur de vol le mercredi et le jeudi matin, puis il a développé une toux très grave durant le Grand Prix. Sa santé n'a fait que décliner petit à petit après cela.»