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Les 12 Heures de Bathurst : La course la plus difficile dans la carrière d'un pilote ?

Les 12 Heures de Bathurst : La course la plus difficile dans la carrière d'un pilote ?

Lundi 4 février 2019 par Philippe Brasseur
Crédit photo: KCMG

Crédit photo: KCMG

Le circuit Mount Panorama, à Bathurst, près de Sydney en Australie. Départ de la course à 5h30 du matin pour 12 heures d’une épreuve intense, tant à l’extérieur des habitacles (la canicule sévit présentement en Australie, avec des températures dépassant les 50 degrés Celcius dans la région de Bathurst !) qu’à l’intérieur où l’air conditionné obligatoire dans les GT ne suffit pas et avec le trafic intense des GT en piste, sur ce circuit tantôt très rapide tantôt tortueux, qui rend le pilotage épuisant.

Kuno Wittmer, le seul pilote québécois à avoir jamais pris part à cette course (l’an dernier), nous avait révélé que c’était assurément une épreuve de fous, avec un parc fermé d’après course ressemblant à une « "cour à scrap" de GT tant il y a des voitures endommagées ou même détruites durant les 12 heures ».

Cette année, pas de Québécois inscrit malheureusement, mais de nombreux pilotes arrivés de Daytona où ils avaient pris part la semaine précédente aux 24 Heures. Du froid et de la pluie de Floride au soleil et la chaleur extrême de l’Australie… L’un d’eux s’appelle Oliver Jarvis et, aux commandes du prototype Mazda DPI du Team Joest, il avait réalisé la pole position et un nouveau record du tour (aux essais officiels du Roar) absolu du circuit routier de Daytona. À Bathurst, il était engagé par l’écurie KCMG pour piloter l’une des deux Nissan GT-R GT3 de cette équipe officielle de Nismo.

Daytona aux commandes d’un prototype est-il plus dur que Bathurst en GT3 ? « Vraiment pas ! Ces 12 Heures de Bathurst furent sans aucun doute la course la plus difficile de ma vie » explique Jarvis, qui a roulé en monoplace, en DTM et fut longtemps pilote officiel Audi aux 24 Heures du Mans et en WEC. Et sa remarque ne concerne pas uniquement les soucis rencontrés par son équipe, mais l’ensemble de l’épreuve en général !

À vrai dire, les deux Nissan GT-R GT3 ont démontré un fort potentiel à l’occasion des débuts de KCMG à titre d’écurie officielle Nismo en Intercontinental GT Challenge. Si au final, la victoire s’est jouée entre Porsche et Aston Martin, l’équipe a tout de même vu une de ses voitures inscrire le tour le plus rapide en course et marquer de précieux points dans le championnat Intercontinental GT Challenge avec une 7ème place finale pour meilleur résultat.

Oliver Jarvis a immédiatement pris part à la lutte aux avant-postes, dans l'obscurité des premiers instants de course. Il était septième lorsque le soleil s'est levé, à la fin de la première heure. Jarvis a lors cédé sa place à Edoardo Liberati, pilote débutant à Bathurst, au cours de la deuxième heure. Ce dernier a grimpé parmi les cinq premiers. L’Italien a ensuite laissé le volant à Alexander Imperatori qui s’est hissé en tête durant son second relais.

Cet équipage filait vers la 5ème place au damier lorsqu’une pénalité lui a été décerné à 30 minutes du terme, de sorte qu’il a fini septième, sur le tour du vainqueur (la Porsche du Earl Bamber Motorsports, voir notre nouvelle d’hier sur poleposition.ca à ce sujet).
 
« Nous avons eu du mal avec le système de refroidissement, il faisait une chaleur épouvantable dans l’habitacle, ce qui fait qu'il était presqu’impossible de faire un seul relais au complet. Sans ce problème, je pense sincèrement que nous aurions lutté pour la victoire car nous avions un bon rythme et la stratégie, et les arrêts aux puits de l'équipe, étaient parfaits. C’est décevant de finir septième, mais les retombées positives du week-end sont nombreuses et nous avons démontré la grande compétitivité de la voiture » a conclu Oliver Jarvis.

La seconde Nissan GT-R GT3 de KCMG, pilotée par les Japonais Katsumasa Chiyo et Tsugio Matsuda, ainsi que par l’Australien Joshua Burdon, a fini 15ème. Elle aussi dans le peloton de tête au début, elle a perdu de nombreux tours suite à un arrêt en piste consécutif à un souci mécanique.

Prochaine étape de tous ces concurrents du Challenge Intercontinental GT à Laguna Seca, à l’occasion des 8 Heures de Californie, le 30 mars. Pour tous les concurrents qui ont réalisé le double programme Daytona-Bathurst, il reste désormais un ultime défi : ne pas attraper la grippe au retour à la maison, après les dizaines d’heures d’avion, le froid et la pluie de Daytona, et la chaleur suffocante australienne !