Site officiel de Pole-Position Magazine - Le seul magazine québécois de sport automobile

www.Poleposition.ca

Site officiel de Pole-Position Magazine

Insolite : Retour sur la tragique histoire de Donald Campbell et son Bluebird K7 (+ vidéo)

Insolite : Retour sur la tragique histoire de Donald Campbell et son Bluebird K7 (+ vidéo)

Dimanche 14 janvier 2024 par Marc Cantin
Crédit photo: Jeff Wilkinson

Crédit photo: Jeff Wilkinson

Les amateurs de sports motorisés de la première moitié du 20ème siècle étaient omnibulés par les records de vitesse (auto, avion, bateau) et des pilotes britanniques comme Sir Malcom Campbell et son fils Donald, Henry Seagrave ou John Cobb étaient suivis de près par un large public au cours de leurs découvertes techniques et de l’ascension de leurs performances.

Donald Campbell (1921-1967) était le digne successeur de son père Sir Malcom Campbell et ensemble ils ont établi un total de 21 records de vitesse (dont 8 pour Donald) sur terre (voitures propulsées par des roues, pas de turbines ou fusées), et sur l’eau, des années 1930 à 1976.

Donald tenta le 5 janvier 1967 de battre son propre record de vitesse sur l’eau (276.38 Mph (444.18 km/h), qu’il détenait déjà à bord de son bateau presque artisanal Bluebird K7.  Mal lui en prit, car le bolide s’envola à haute vitesse, entraînant la mort de Donald Campbell à l’âge de 45 ans. 
                                              
Donald Cambell croyait à sa destinée : continuer le travail de son père pour maintenir l’image glorieuse de l’Angleterre en prouvant sa supériorité technique à l’aide de records de vitesse sur terre et sur l’eau. Son comportement lors de sa sortie fatale laisse croire qu’établir un nouveau record comptait plus pour lui que survivre à l’essai.

La transcription partielle de l’échange radio entre Campbell sur l’eau et Paul Evans au quai débute lorsque Campbell atteint 270 Mph à sa première sortie de la journée. Evans, l’opérateur au sol, connaissait le sujet et voyait ce qui se passait sur l’eau du lac Coniston Water grâce à la précision de Campbell.      

Durant la seconde sortie, Campbell déclare : « Paul, je commence mon retour. Le nez monte et redescend, surtout quand je frappe les remous restants de l’aller ». Campbell se bat pour garder le contact avant avec l’eau. « L’avant sautille, comme une roche plate lancée en surface. Je suis à pleins gaz » ajoute-t-il.

« Je vois mal. L’eau est sombre…  verte…» Evans croit que le Bleubird a commencé son envol mortel à ce moment et que le vert mentionné par Campbell est en fait des arbres de la forêt qui longe le lac. Sir Donald ajoute alors : « Je ne vois plus rien ». Sur le point de frapper l’eau après son premier envol, il ajoute : « Oh, je vole… » Puis plus rien !

L'inspection de l’épave a montré que les ceintures de sécurité étaient encore attachées et en position normale, comme si Campbell avait glissé vers le bas lors de son éjection, un peu comme pour l’accident de Gilles Villeneuve à Zolder, en 1982. La simulation de l’accident montre aussi comment Cambell aurait été guillotiné par la base de son pare-brise monté solidement et encore en place sur l’épave retrouvée rapidement, alors que sa dépouille ne fut retrouvée qu’en mai 2001.

La transcription complète indique que Campbell se battait à chaque instant pour garder le nez du bateau en contact avec le sol. Le manque d’essais à haute vitesse rendait le bateau hyper dangereux, voire inconduisible dans les remous du premier passage. De plus, il ne remplaça pas le carburant utilisé en première sortie, ce qui allégeait la machine et contribuait à sa tendance à s’envoler de l’avant.

La décision de Campbell de ne pas attendre la disparition totale des remous lui fut fatale et bien conforme à son destin et son état d’esprit que l’on devine sur la photo ci-dessus. Et pour découvrir le reportage de cette tentative de record, voyez le vidéo ci-dessous.