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Première course sprint de qualification ce samedi à Silverstone : Explications du déroulement du week-end

Première course sprint de qualification ce samedi à Silverstone : Explications du déroulement du week-end

Mercredi 14 juillet 2021 par Julie Bouchard
Crédit photo: WRI2

Crédit photo: WRI2

Ce week-end à Silverstone, dans le cadre du Grand Prix de Grande-Bretagne 2021, la Formule 1 va inaugurer un nouveau format d’événement, avec la tenue d’une course sprint de qualification le samedi après-midi.

L’objectif des dirigeants de la série est de renforcer l’intérêt des fans le samedi, avec cette course qui remplace la séance traditionnelle de qualification, qui aura lieu le vendredi après-midi à la place des traditionnels essais libres. Explications…

La course sprint de qualification sera courue sur une distance de 100 km (à Silverstone, cela signifie 17 tours) et d'une durée d'environ 25 à 30 minutes, s’il n’y a pas de neutralisation. C’est donc un format court, conçu pour le spectacle avant tout, sans arrêts aux puits pour changer de pneus.

Des points seront attribués aux trois premiers, soit trois pour le vainqueur, deux pour le deuxième et un point au troisième. Il n'y aura toutefois pas de cérémonie de podium, ni de moment consacré à l’hymne national du pilote et de l’équipe gagnante, ces honneurs resteront le privilège du Grand Prix le dimanche. Les dirigeants de la F1 ont toutefois indiqué que ce protocole d’arrivée sera différent d’une séance de qualification traditionnelle, sans que l’on en sache plus actuellement.

L'ordre d'arrivée de cette course sprint de qualification définira la grille de départ du Grand Prix le dimanche et aucun changement de boîte de vitesses ou de moteur ne sera autorisé, sinon les pénalités habituelles après une séance de qualification seront appliquées.

Passons maintenant à la séance de qualification du vendredi après-midi, qui prend le temps réservé habituellement à la deuxième séance d’essais libres, mais un peu plus tard dans la journée. Celle-ci se disputera selon le format que l’on retrouve normalement le samedi, soit une séance d'une heure, divisée en trois segments, avec élimination des 5 derniers (positions 16 à 20 à l’issue de Q1, puis des positions 11 à 15 au terme de Q2 pour ne garder que les 10 premiers en Q3). La différence, c’est que ce classement donnera l’ordre de départ non plus du Grand Prix mais de la course sprint de qualification.

Le règlement relatif aux pneus sera spécifique à cette session du vendredi car seuls les pneus tendres seront autorisés tout au long de cette session. En conséquence, les pilotes seront libres de commencer la course de dimanche avec n’importe quel type de gommes, plutôt que d'avoir à utiliser le pneu sur lequel ils se sont qualifiés en Q2. Cela pourrait avoir une incidence sur la stratégie de l’épreuve dimanche et, a priori, avantager les grandes équipes.

Des équipes qui vont devoir travailler fort les réglages lors de seulement deux séances d’essais libres, le vendredi matin puis le samedi matin. Sans surprise donc, aucune équipe n’a proposé à un pilote de réserve de prendre les commandes le vendredi matin comme on le voit habituellement dans un Grand Prix avec trois séances d’essais libres.

Lors des essais libres de vendredi, les équipes pourront utiliser deux trains de pneus sur le total de 12 qui leur est normalement alloué par week-end. C’est une réduction d’un train de pneus par rapport à ce qui est permis dans un événement conventionnel. Les équipes devraient dès lors travailler avec les gommes les plus dures pour la majorité de cette séance, afin de boucler le plus grand nombre de tours possibles pour trouver les bons réglages, avant de passer en gommes hyper tendres en fin de séance pour se préparer pour la qualification de l’après-midi.

Les voitures entreront ensuite en Parc Fermé après cette séance matinale, avant d'être libérées après la séance de qualification, en vue d’être préparées pour les essais libres du samedi matin. Lors de cette seconde séance d’essais libres, les pilotes pourront utiliser un seul train de pneus, de la dureté de leur choix. Les voitures retourneront ensuite au Parc Fermé avant et après la course sprint de qualification.

Ce type de week-end de Grand Prix avec une course sprint de qualification doit avoir lieu trois fois cette saison. Outre Silverstone ce week-end, ce sera le cas à Monza et vraisemblablement à Austin. L’annonce du Grand Prix des États-Unis pour présenter aussi ce format reste à confirmer.

Pour beaucoup d’équipes, et notamment celles qui évoluent dans la seconde moitié du peloton, ce format d’événement n’apporte aucun avantage, sachant que sur 17 tours de course samedi, il sera impossible à leurs pilotes de créer la surprise comme on le voit parfois (à l’exemple de George Russell en Q3 avec sa Williams il y a 10 jours en Autriche).

Enfin, certains pilotes qui ont déjà plusieurs points de pénalité sur leur super-licence s’inquiètent des risques supplémentaires qu’une telle course provoquera. Lando Norris par exemple, qui n,a plus que deux points sur sa licence, pourrait se voir interdire le départ du Grand Prix dimanche si jamais il était jugé coupable d’un incident dans la course sprint de qualification samedi. Ce serait non seulement une immense déception pour le jeune anglais et les centaines de milliers de spectateurs attendus dans les estrades de Silverstone ce week-end, mais aussi un gros handicap pour son équipe, McLaren, contrainte alors de disputer le Grand Prix à une seule voiture. Un tel cas de figure irait à l’encontre de ce que recherche la F1 en instaurant ce format : augmenter le spectacle en piste !