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1er juillet : Unique course de la série ChampCar disputée au circuit du Mont-Tremblant en 2007

1er juillet : Unique course de la série ChampCar disputée au circuit du Mont-Tremblant en 2007

Jeudi 1er juillet 2021 par René Fagnan
Crédit photo: Bruno Dorais

Crédit photo: Bruno Dorais

Après une absence de 33 ans, les monoplaces de type IndyCar ont fait un retour au circuit du Mont-Tremblant le 1er juillet 2007 avec la venue de la série ChampCar.

Les organisateurs du Grand Prix F1 du Canada détenaient le droit de présenter une deuxième épreuve automobile sur le circuit Gilles-Villeneuve à Montréal. Entre 2002 et 2006, les voitures IndyCar sont donc venues disputer une course annuelle sur le tracé habituellement réservées aux bolides de Grand Prix.

Cependant, NASCAR et l’organisation du Grand Prix se courtisaient et il fallait donc déménager la course IndyCar ailleurs. L’endroit tout désigné était le circuit du Mont-Tremblant, totalement refait à neuf par Lawrence Stroll et répondant aux normes internationales.

« À cette époque, je faisais partie de l’organisation du Grand Prix F1 et je travaillais pour Normand Legault [le patron du GP du Canada à cette époque] » nous a expliqué François Dumontier, l’actuel président et chef de la direction du GP du Canada.

« Un consortium de gens d’affaires composé de Legault, Lawrence Stroll et Guy Laliberté du Cirque du soleil avait obtenu les droits de présenter une course de la série ChampCar au circuit du Mont-Tremblant pour 2007. Normand [Legault] et Stroll se sont occupés du volet compétition, tandis que Guy Laliberté a pris en charge le volet du divertissement. »

Le tracé a dû être modifié, car il était hors de question que les voitures ChampCar négocient le virage 1 à pleine vitesse. En cas de pépin, on aurait sûrement retrouvé la voiture à St-Jovite ! Les bolides allaient donc négocier une chicane située à l’intérieur du virage 1, puis amorcer leur descente vers les Esses.

« Normand [Legault] m’a confié l’organisation de la course, mais j’ai évidemment pu compter sur toute l’équipe du Grand Prix pour, par exemple, la vente des billets, la vente de loges corporatives, les accréditations, la sécurité, la préparation du circuit, etc. » précise Dumontier.

En mai, plusieurs écuries sont venues effectuer deux journées d’essais sur le tracé des Laurentides. Sébastien Bourdais réalisa le meilleur temps, suivit par Justin Wilson et Tristan Gommendy. Ces essais démontrèrent que des travaux additionnels étaient nécessaires.

« Nous avons dû ajouter des grillages et des rails de protection. Nous avons aussi installé d’autres grillages plus hauts, car durant les essais Paul Tracy nous a dit avoir vu un chevreuil errant en bordure de la piste. Il nous fallait donc empêcher les animaux sauvages d’aller sur la piste. Avec l’aide de Vince Loughram [le directeur du circuit], nous avons aussi dû trouver plus d’espace dans le paddock, car nous devions y faire garer des dizaines d’énormes camions des équipes et on a vite manqué d’espace. On a aussi dû ajouter un pont pour enjamber le tracé entre le paddock et le parking au centre du circuit. Nous avons donc déménagé et modifié un des ponts du circuit Gilles-Villeneuve afin de permettre aux spectateurs et membres des équipes d’enjamber le circuit. Ce pont possédait non seulement des escaliers, mais aussi une rampe qui permettait aux karts de golf de pouvoir l’emprunter. Nous avons aussi installé des gradins pour les spectateurs. »

Tout était fin-prêt pour la week-end de la Fête du Canada 2007. Durant des qualifications perturbées par des averses locales, le Français Tristan Gommendy de l’écurie PKV Racing signe la pole position avec un chrono de 1’16”776 devant Will Power (Team Australia), Sébastien Bourdais (Newman/Haas/Lanigan) et Justin Wilson (RSports). Tracy, qui a endommagé sa voiture le matin de la course, a dû prend le départ en dernière place. Le Québécois Alexandre Tagliani qualifia sa voiture en huitième place.

Le départ est de type arrêté, comme en F1, ce qui est une première. Le moteur de Gommendy refuse de démarrer et sa voiture est évacuée de la grille. Au vert, le moteur de Power hoquette et sa voiture ne bouge pas. Bourdais, qui a “un peu” sauté le départ, en profite pour prendre la tête.

Peu après la première ronde de ravitaillements, une pluie fine commence à tomber. Bourdais commet une petite erreur et chute en 11e place. L’ancien pilote de F1, Robert Doornbos, prend alors la commande. La pluie s’intensifie et tous les pilotes rentrent aux puits pour faire monter des pneus sculptés. Bourdais, à l’attaque, refait son retard et roule désormais dans le sillage de Doornbos.

Bourdais a l’impression que le Néerlandais lui bloque le chemin et le fait savoir par radio aux officiels de la série qui décident de ne pas montrer le drapeau noir. Doornbos croise l’arrivée en première place, 2”9 devant Bourdais et 7”3 en avant de Power et Simon Pagenaud.

Durant les interviews d’après course, Bourdais se plaint du comportement de son rival, ce qui provoque l’ire de la foule qui le hue copieusement. Quant à Doornbos, il affirme qu’il cherchait l’adhérence sur cette piste mouillée et qu'il n'a jamais bloqué la route à Bourdais.

Les activités de la soirée furent aussi perturbées par une météo capricieuse. « Guy Laliberté avait organisé un party le soir de la course au Manitou situé au sommet du Mont-Tremblant » déclare Dumontier. « Le mercure a chuté en fin de journée et il faisait -2℃ en haut de la montagne le soir venu ! Nous étions pourtant en juillet ! Il faisait trop froid pour que les acrobates du Cirque du soleil effectuent leurs numéros. Tout ce qui avait été prévu à l’extérieur fut donc annulé. »

Accéder au lieu de compétition, puis sortir du parking et quitter le circuit se révéla être un enfer… « Il est évident que les infrastructures étaient insuffisantes pour accueillir un si gros événement. La route au circuit, toute la montée Ryan et l’accès à la route 117 à St-Jovite ont vite été complètement saturé » termine Dumontier.

Ce contrat d’un an ne fut pas renouvelé, et le série ChampCar, rebaptisée IndyCar par la suite, n’est jamais revenue au Québec depuis cette date.