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19 mai : Victoire surprise d’Olivier Panis et de l’écurie Ligier au GP de Monaco en 1996

19 mai : Victoire surprise d’Olivier Panis et de l’écurie Ligier au GP de Monaco en 1996

Mercredi 19 mai 2021 par René Fagnan
Crédit photo: WRI2

Crédit photo: WRI2

En 1996, l’écurie de Formule 1 française Ligier fait rouler deux JS43 à moteur Mugen Honda pour Olivier Panis et le riche Brésilien Pedro Diniz. La voiture n’est pas une fusée, ni ultra fiable. En cinq Grands Prix depuis le début de la saison, soit en 10 départs, elle n’a marqué qu’un seul point au championnat grâce à la sixième place de Panis au Brésil.

Panis est un pilote fort talentueux qui a remporté plusieurs titres en karting avant d’être sacré champion de France de Formule Renault en 1989, vice-champion de France de Formule 3 en 1991 et enfin champion de Formule 3000 en 1993.

Il en est à sa troisième saison en F1 quand il affronte les rues étroites et tortueuses de la Principauté de Monaco en mai 1996. Dans un podcast, Panis raconte que son week-end n’avait pas débuté de la meilleure façon.

« La voiture possédait une aérodynamique très performante sur les circuits lents. Les gens de Mugen ont beaucoup travaillé sur la progressivité du moteur. Durant les essais, j’étais dans le top 5. Par contre, lors des qualifications, j’ai eu un problème électronique qui m’a longtemps immobilisé dans les puits. Ce fut super frustrant de ne pas pouvoir utiliser le mulet parce que Pedro Diniz l’avait endommagé et il était inutilisable. Alors que je devais passer quatre ou cinq trains de pneus neufs, j’en n’ai utilisé qu’un seul. »

La pluie brouille les cartes

Le pilote natif de Lyon se qualifie donc en 14e position. Par contre, il signe le meilleur temps de la séance de réchauffement. Quelques instants plus tard, les nuages noirs crèvent et une grosse averse s’abat sur Monaco.

Panis raconte que les ingénieurs de Mugen, aidé des prévisions météorologiques, refont alors leurs calculs. Le V10 consommant moins de carburant sous la pluie, ils convainquent l’équipe Ligier de charger la voiture de Panis d’un plein d’essence, soit 100 kg de carburant. Ils estiment que si Panis arrive à parcourir les 26 premiers tours sur une piste mouillée, il n’aurait qu’à s’arrêter une seule fois par la suite pour faire ajouter de l’essence et chausser quatre pneus neufs.

Au moment du départ, il ne pleut pas, mais la piste est encore très humide et hyper glissante. Les premiers tours sont chaotiques avec les abandons de Michael Schumacher, Jos Verstappen, Giancarlo Fisichella, Pedro Lamy, Rubens Barrichello, Ukyo Katayama et Ricardo Rosset qui s’accrochent ou percutent les rails.

Au 10e tour de la course qui en compte 75, il n’y a plus que 12 voitures en action sur les 21 qui ont pris le départ... À ce moment, Damon Hill, sur Williams-Renault, mène devant Jean Alesi sur Benetton-Renault. Panis roule en 10e place et est en mode attaque. Il double Mika Häkkinen (McLaren-Mercedes) et Johnny Herbert (Sauber-Ford) avant de s’arrêter aux puits au 28e tour. La piste est sèche et il fait monter un train de pneus slicks.

Il revient en piste en neuvième position, double Martin Brundle (Jordan-Peugeot) et Eddie Irvine (Ferrari) de façon musclée et profite des arrêts de ses rivaux pour ainsi gagner cinq places. Quand Damon Hill, le meneur, abandonne suite à un bris de moteur, Panis grimpe au second rang. Il passe en première place au 60e passage quand Alesi abandonne sur bris de suspension.

Panis croise l’arrivée en vainqueur et signe la première victoire d’une Ligier depuis celle de la JS17 à moteur Matra de Jacques Laffite au Grand Prix du Canada à Montréal en 1981. Il s’agit aussi du premier triomphe du moteur Mugen Honda MF-301HA. L’Écossais David Coulthard, sur la seconde McLaren, termine second devant Johnny Herbert. Seuls ces trois pilotes ont croisé le fil d’arrivée de cette course un peu folle.

Olivier Panis, aux anges, effectue son tour d’honneur au ralenti, saluant la foule et brandissant un grand drapeau tricolore. Une fois la cérémonie du podium terminée, les mécanos de l’écurie Ligier tentent de faire démarrer le moteur. Ils en sont incapables, car il n’y a plus une goutte d’essence dans le réservoir ! Parfois, la victoire repose sur un coup de chance.