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C’est arrivé le 2 octobre 1977 : Le deuxième titre mondial de Niki Lauda

C’est arrivé le 2 octobre 1977 : Le deuxième titre mondial de Niki Lauda

Mercredi 2 octobre 2019 par René Fagnan
Crédit photo: Ferrari

Crédit photo: Ferrari

En arrivant dans le paddock du circuit de Watkins Glen pour la présentation du Grand Prix des États-Unis en 1977, Niki Lauda, pilote Ferrari, occupe le sommet du classement avec 69 points devant Jody Scheckter, 42 points, et Mario Andretti, 41. En marquant un tout petit point, l’Autrichien serait couronné Champion du monde pour une seconde fois.

Par contre, l’ambiance est très tendue au sein de la prestigieuse Scuderia. Lauda, qui ne s’entend plus du tout avec Enzo Ferrari, vient tout juste de signer un contrat avec Bernie Ecclestone pour piloter une Brabham-Alfa Romeo en 1978. Enzo Ferrari, qui qualifie ce transfert de Lauda de trahison, congédie sur le champ deux très proches collaborateurs de Lauda : Sante Ghedini, le directeur sportif, et Ermanno Cuoghi, le chef mécano.

Pour remplacer Lauda la saison à venir, le patriarche de Maranello décide de miser sur le Québécois Gilles Villeneuve. Ce dernier disposait d’une entente avec l’écurie britannique McLaren, mais son patron, Teddy Mayer, n’ayant respecté toutes les clauses du contrat, a préféré laisser partir Villeneuve chez Ferrari pour engager Patrick Tambay.

C’est donc sans grande conviction que Lauda dispute les qualifications du Grand Prix des États-Unis et décroche une septième place peu glorieuse. Le Champion du monde de l’année précédente, James Hunt, installe sa McLaren M26 en pole position tandis que l’Allemand Hans Stück réalise sa meilleure qualification en carrière en plaçant sa Brabham-Alfa Romeo en deuxième place. Un exploit !

Dimanche 2 octobre, le temps est gris et maussade. Il fait froid et une averse trempe le circuit juste avant le départ. Au baisser du drapeau vert, Stück surprend tout le monde et mène la meute devant Hunt et Andretti. Par contre, l’Allemand perd progressivement l’usage de son embrayage. Au 15e passage, la Brabham effectue un tête-à-queue sur la piste humide et termine sa course contre le rail de sécurité, causant l’abandon de Stück.

Hunt hérite alors de la première place et la piste commence à sécher. Andretti est deuxième devant Scheckter. Lauda est quatrième et se contente de rouler prudemment afin d’être certain d’encaisser le petit point qui lui permettrait de coiffer une seconde couronne mondiale.

Vers le 45e des 59 tours que compte l’épreuve, Hunt, premier, constate que la température d’eau de son moteur Cosworth grimpe dangereusement. Il baisse alors la cadence, ce qui permet à la Lotus d’Andretti de se rapprocher de sa McLaren. L’écart qui les sépare diminue tour après tour : cinq secondes, puis quatre, trois, deux...

Durant la dernière boucle, Hunt accélère un peu et croise l’arrivée avec deux secondes d’avance sur Andretti et 18”8 sur la Wolf canadienne de Scheckter. Lauda est quatrième et décroche ainsi son deuxième titre mondial, sans joie.

Au cours de la semaine qui suit, Gilles Villeneuve s’envole pour l’Italie en compagnie de son gérant, Gaston Parent, afin de faire mouler son siège pour être aux commandes d’une troisième Ferrari 312 T2 au Grand Prix du Canada aux côtés de Lauda et de Carlos Reutemann.

Toutefois, le vendredi matin de l’épreuve canadienne, Lauda, totalement démotivé et sentant bien que toute l’écurie est désormais liguée contre lui, contacte le directeur sportif et invoque des malaises intestinaux pour ne pas disputer les essais libres. Puis, Lauda boucle ses valises et quitte le pays. Pour lui, Ferrari, c’est déjà de l’histoire ancienne.

C’est ainsi que Villeneuve se retrouve promu officiellement au rang de deuxième pilote de la Scuderia Ferrari pour les deux derniers Grands Prix de la saison 1977, disputés au Canada sur le circuit de Mosport et au Japon, sur le tracé de Fuji.