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Règles communes entre le DTM et le Super GT japonais ? En place dès l'an prochain !

Règles communes entre le DTM et le Super GT japonais ? En place dès l'an prochain !

Mardi 26 juin 2018 par Philippe Brasseur
Crédit photo: DTM Media

Crédit photo: DTM Media

Un important pas a été franchi dans la collaboration entre les séries DTM et Super GT du Japon lors du week-end de la série DTM présenté les jours derniers à Nuremberg, où les deux entités se sont enfin mises d'accord sur des règles communes. Des règles qui seront en vigueur dès l'an prochain... en DTM uniquement toutefois !

Cette nouvelle réglementation appelée "Classe 1" a franchi un pas décisif vendredi dernier, au terme des négociations entre les deux parties à Nuremberg. Masaaki Bandoh, le président de l'organisation Super GT / GTA et Gerhard Berger, président de l'organisation DTM / ITR, ont ensuite révélé les nouveaux règlements techniques. « C'est une étape importante pour les courses automobiles internationales » a indiqué Berger, ex-pilote de Formule 1 et président du DTM depuis moins de deux ans, pour parler du résultat de la collaboration entre ITR et GTA. « Ces règlements vont permettre aux constructeurs des deux séries et aux équipes de participer à des courses automobiles spectaculaires à des coûts raisonnables sur deux continents et d'atteindre ainsi de nombreuses personnes avec ces règles communes » a-t-il ajouté.

Trois piliers composent ces nouvelles règles : la sécurité, la réduction des coûts et l'égalité des chances entre les voitures engagées. L'idée d'aller vers une motorisation électrique ou même hybride n'a pas été retenue, à aucun moment des négociations. Toutefois, la motorisation sera très différente de celle actuelle en DTM (V8 atmosphériques de 500 CV) puisque ce seront bel et bien les moteurs turbocompressés 4 cylindres de deux litres, qui sont d'ores et déjà en vigueur en Super GT japonais, qui seront imposés dès la saison prochaine !  

Ce moteur produira 620 chevaux - environ 100 chevaux de plus que les V8 actuels - et propulsera les voitures DTM à plus de 300 km/h. En raison de la puissance supplémentaire, les voitures auront également besoin de plus d'énergie de freinage. Par conséquent, la conception aérodynamique de l'avant de la voiture sera adaptée pour recueillir plus d'air et refroidir à la fois le moteur et les freins. En outre, le diffuseur avant et arrière et l'aileron arrière seront modifiés car les spécifications actuelles du Super GT seront elles aussi en application.

On pourrait dire que la série DTM s'est entièrement pliée aux exigences des Japonais en adoptant ces points majeurs du règlement du Super GT. Toutefois, un élément important issu de la série DTM sera mis en place en Super GT. C'est ce que Berger et Bandoh ont appelé le concept de pièce commune.

Il en résulte que, pour réduire drastiquement les coûts tout en renforçant les domaines de la sécurité et de l'égalité des chances, les composants de presque toutes les parties de la voiture seront communs : standardisés, produits et distribués aux équipes en Europe et au Japon. Pour tous ces composants, les manufacturiers ne pourront ainsi plus investir dans le très coûteux développement de pièces spécifiques. La base de la voiture demeurera un monocoque en fibre de carbone avec cellule de sécurité intégrée, tel qu'elle est déjà utilisée dans la série DTM depuis quelques années. C'est l'un des éléments importants que les Japonais ont mis du temps à accepter.

Cette nouvelle réglementation sera appliquée en DTM dès la saison 2019. Un an plus tard, le Super GT adoptera cette nouvelle réglementation, qui sera légèrement modifiée pour les courses d'endurance qui font partie du calendrier de la série japonaise, contrairement au DTM où seules des courses sprint (60 minutes) ont lieu. « Je suis vraiment content du fait que DTM et Super GT ont fait un pas décisif vers cet objectif commun. Par la création de ces règlements, nous poursuivons notre évolution. De plus, nous préparons le terrain pour l'avenir du DTM qui adoptera pleinement la nouvelle réglementation à partir de 2019, demeurant ainsi une plate-forme attrayante pour les constructeurs automobiles » a précisé Gerhard Berger.

Bien que le Super GT n'adoptera la réglementation qu'en 2020, les deux organismes prévoient de présenter deux événements conjoints (un en Europe dans le cadre d'une course de DTM et l'autre au Japon lors d'un événement de Super GT) dès 2019. Le format de ces épreuves sera celui de la réglementation sportive du DTM, avec deux courses sprint à un pilote par voiture, sans ravitaillement mais un arrêt obligatoire pour le changement de pneus. Compte-tenu que les voitures de Super GT japonais n'auront aps encore adopté le nouveau règlement, une "Balance des performances" (BoP) spécifique sera créée pour assurer des chances égales aux concurrents.

Ces nouvelles, on les attendaient depuis plusieurs mois. À tel point que certains doutaient même de la viabilité de la série DTM après le départ de Mercedes à la fin de cette saison. Avec cette annonce, le DTM et le Super GT japonais sont de nouveau promis à un très bel avenir. On note aussi la volonté de la série reine des Voitures de Tourisme d'attirer de nouveaux pilotes très populaires mondialement, à l'image d'Alex Zanardi qui va piloter dès cette saison une BMW M4 DTM spécialement adaptée à son handicap lors des deux manches qui se disputeront au circuit de Misano (Italie), fin août. L'une de ces courses sera d'ailleurs présentée en nocturne, une autre première pour la série...