Cette année, Ford fait son retour en Formule 1. Après 21 ans d'absence, la marque américaine s’associe à Red Bull et s'occupe de développer la partie hybride du moteur de 2026. Les écuries Red Bull Racing et Racing Bulls en bénéficieront. Mais il est important de rappeler que Ford est le troisième constructeur le plus titré de l’histoire de la F1, avec dix titres de champion constructeur. Retour sur cette épopée...
À la demande de Colin Chapman, fondateur de l’écurie Lotus, Ford s’associe à Cosworth en 1965. Cette entreprise, fondée par l’ingénieur britannique Keith Duckworth, est chargée de concevoir et de préparer des moteurs. Ils vont ainsi mettre au point le V8 DFV, de 8 cylindres à 90° et qui développe 420 chevaux à ses débuts.
Le moteur est monté dans la Lotus Type 49 lors de la 3ᵉ manche de la saison 1967, à Zandvoort. Graham Hill (photo ci-dessus) décroche la pole position et Jim Clark la victoire. Mais les Lotus ne sont pas les seules équipées du moteur Ford, puisque Matra, marque française, fera quelques apparitions durant la saison, également avec le V8 DFV.
À l'issue de cette saison 1967, l’entrée de Ford en Formule 1 est donc assez réussie, le moteur est fiable et performant, ce qui permet à Lotus Ford Cosworth de finir deuxième au championnat constructeur. La saison suivante, en plus de Lotus et Matra, c’est McLaren qui décide de passer au V8 américano-britannique. À l’issue de la saison, les trois écuries équipées de moteur Ford Cosworth occupent les trois premières places du championnat constructeur. Lotus sera aussi champion du monde des pilotes, offrant son deuxième titre à Graham Hill.
Ford Cosworth survole la concurrence
La saison 1968 marque le début d’une période de domination sans égal pour Ford, puisqu'en 1969, Jackie Stewart remporte son premier titre de champion du monde avec Matra, faisant preuve de constance toute la saison. Avec Brabham, qui abandonne son moteur Repco au profit du V8 DFV, les quatre premières places du championnat constructeur sont occupées par des moteurs Ford.
De 1970 à 1973, le moteur britannique domine tant sur le plan sportif que sur le plan commercial. Lotus obtient quatre titres de championnat pilotes et constructeurs, et le moteur Ford Cosworth est omniprésent sur la grille. De grandes écuries telles que Tyrell, McLaren et Lotus, et d’autres plus modestes comme March, Surtees, Shadow et Iso-Marlboro, sont propulsées par ce V8 qui semble bien au-dessus de la concurrence. Il faudra attendre 1975 pour que Niki Lauda, au volant de sa Ferrari 312 T, vienne mettre un terme à ce règne de sept ans. Lors de cette saison, sur 13 constructeurs, seul Ferrari roule avec un moteur qui n’est pas un Ford Cosworth.
La saison suivante, bien que James Hunt soit sacré champion du monde, c'est Ferrari qui remporte une nouvelle fois le championnat constructeur. En 1977, malgré l’absence de titre, le V8 Ford Cosworth témoigne encore de sa performance et de sa fiabilité, puisqu’il gagne 12 des 17 Grands Prix.
En 1978, Lotus resté fidèle à Ford remporte le championnat pilotes et constructeurs, et l’année suivante, c’est Williams qui réalise le doublé... Brabham de son côté, après quatre années infructueuses avec Alfa Romeo, retrouve également le moteur Ford Cosworth et remporte le championnat des pilotes en 1981, avec Nelson Piquet. Enfin, 1982 sera la dernière année de gloire pour le V8 DFV, qui propulsera Keke Rosberg vers son unique titre de champion du monde.
La fin d’une ère glorieuse
La saison 1982 marquait le début d’une nouvelle ère, celle des moteurs turbos. Ford Cosworth tente alors de réagir et apporte une amélioration à son V8 DFV. Le V8 DFY est une version améliorée et délivre 510 chevaux. Mais Ford le sait, le retard sur la concurrence qui a développé des V6 turbocompressés délivrant plus de 600 chevaux ne cesse de grandir et les principales équipes se tournent vers ce type de motorisation.
En 1986, Ford tente alors de mettre au point un V6 turbo, mais il sera conçu dans la précipitation et sera loin des performances escomptées. De plus, les turbos seront bannis de la Formule 1 en 1989 pour des raisons d'équité et de sécurité. Ford et Cosworth vont alors développer et mettre au point plusieurs V8 atmosphériques. Bien qu’ils soient à nouveau très présents sur la grille, le succès ne sera pas de suite au rendez-vous, et ils ne feront pas mieux que 3ᵉ au championnat constructeur.
Il faudra attendre la saison 1994 pour que Ford retrouve la gloire en F1. Le jeune Michael Schumacher, propulsé par un V8 Ford de 730 chevaux, remporte son premier titre de champion du monde au volant d'une Benetton. Les saisons suivantes, les moteurs Ford Cosworth restent sur la grille sans parvenir à s'imposer faute d'équiper des équipes bien nanties. Après une bonne année réalisée par l'écurie de Jackie Stewart en 1999, Ford décide d’entamer son entrée en Formule 1 comme constructeur de châssis en plus de rester motoriste, et rachète l’écurie britannique. Le groupe Ford décide toutefois de mettre en avant l’une de ses marques d’alors, Jaguar. Mais ce projet n’apporte guère de succès et, fin 2004, Ford prend la lourde décision de revendre l’équipe, rachetée par Red Bull. Le succès ne se fera pas attendre...
Au total, Ford Cosworth comptabilise 10 titres constructeurs, 13 championnats pilotes et 174 victoires en Grand Prix. Le retour de la marque cette année en partenariat avec Red Bull, qui reprit son ancienne équipe il y a 22 ans, est symbolique. Chose certaine, la première journée d’essais privés présaison 2026 a démontré que la Red Bull RB22-Ford est bien née, alors qu’Isack Hadjar a dominé la hiérarchie. Le jeune français est cependant sorti de piste hier. De son côté, Max Verstappen a largement dominé la séance, signant le meilleur temps avec plus d'une seconde d'avance sur le 2ᵉ, la Ferrari de Charles Leclerc.
L’épopée de Ford en Formule 1 : Des premiers succès en 1967 au retour cette saison !
Mercredi 28 janvier 2026 par Éric Keiniger JrCrédit photo: Galeron






