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Rétro 2009: L’arrivée la plus serrée des 24 Heures de Daytona, en un petit clin d’œil !

Rétro 2009: L’arrivée la plus serrée des 24 Heures de Daytona, en un petit clin d’œil !

Mercredi 21 janvier 2026 par René Fagnan
Crédit photo: Porsche Newsroom

Crédit photo: Porsche Newsroom

Après 24 heures de course intense, deux bolides de la catégorie Daytona Prototype ont croisé l’arrivée avec un écart ridiculement faible en 2009, établissant ainsi un record qui sera assez difficile à battre.

L’événement est survenu aux 24 Heures de Daytona, manche d’ouverture de la saison de la série Grand-Am, l’organisme qui gérait alors les plus importantes courses d’Endurance en Amérique du Nord.

En 2008, NASCAR a fait l’acquisition de la série Grand-Am afin d'en rationaliser l'administration, le marketing et les différents services administratifs. L'objectif principal de la série d'Endurance est de créer une compétition serrée tout en limitant les coûts. Pour faciliter cela, Grand-Am crée sa propre catégorie de voitures d’Endurance, les Daytona Prototypes. Les performances de chaque combinaison de châssis et de moteur sont soigneusement contrôlées par l'organisation afin d'essayer, dans la mesure du possible, d'uniformiser la performance des bolides.

Les voitures, pas très belles, il faut l’avouer, sont dotées d'un châssis tubulaire et le niveau de technologie pouvant être développé est soumis à des restrictions. Les essais et les améliorations aérodynamiques que les équipes peuvent apporter sont strictement limités afin de réduire les coûts.

Les moteurs, d’une cylindrée limitée à cinq litres et dont la puissance avoisine les 500 chevaux, sont produits par BMW, Ford, Lexus, Pontiac et Porsche. Tout comme les châssis, ces moteurs sont étroitement surveillés et homologués afin de garantir leur parité.

Dix-neuf Daytona Prototypes sont au départ des 24 Heures de Daytona en 2009, dont 13 construits par Riley Technology. Les favoris sont sans aucun doute Juan Pablo Montoya, Scott Pruett et Memo Rojas qui connaissent le circuit de Daytona par cœur et sont au volant de la Riley Mk. XX No. 1 à moteur V8 Lexus de l’équipe Chip Ganassi Racing.

La menace la plus sérieuse vient fort probablement de la Riley Mk. XI à moteur six cylindres à plat Porsche de 3,99 litres de l’écurie Brumos Racing de Floride. À son volant on retrouve David Donohue, Darren Law et Antonio Garcia qui courent régulièrement en série Grand-Am, aidés cette fois par Buddy Rice qui roule habituellement en série Indy Racing League.

Montoya pas content

C’est justement David Donohue qui réalise la pole position. La course se déroule à un rythme endiablé et avec seulement 39 minutes à faire dans la course, Donohue double le meneur, Juan Pablo Montoya. Le Colombien, qui a couru en Formule 1 pour les écuries Williams et McLaren et qui s’illustre maintenant en NASCAR Cup, ne baisse pas les bras et pourchasse son rival comme son ombre, prêt à profiter de la plus petite ouverture pour reprendre la première place.

Donohue impressionne en ne commettant aucune erreur et résiste aux attaques de Montoya. Avec un tour à parcourir, les deux bolides semblent être soudés l’un à l’autre. Le drapeau à damier est agité et met fin à 24 heures de suspense. La Riley-Porsche No. 58 devance la Riley-Lexus No. 1 par seulement 0”167, soit seulement 60 centimètres.

Cet écart infime fracasse le record de 30”879 établi à la fin de l’épreuve de 2000. Autre record à souligner est la victoire de David Donohue qui survient exactement 40 ans après la victoire de son père, Mark, lors de cette même course. Mark Donohue et Chuck Parsons avaient remporté la victoire aux 24 Heures de 1969 à bord d’une Lola T70 Mk3B GT Chevrolet engagée par Roger Penske.

Une autre Riley-Porsche de l’équipe Ganassi, conduite par J.C. France, Joao Barbosa, Terry Borcheller et Hurley Haywood, termine au troisième rang à une trentaine de secondes des vainqueurs.

Toutefois, l’ambiance est électrique sur le podium. Déçu d’avoir perdu la course par une marge aussi faible, Montoya, qui n’a pas la langue dans sa poche, déplore que Grand-Am ait accordé aux équipes qui utilisent le moteur Porsche une puissance revue à la hausse et un poids abaissé afin de les aider à suivre le rythme des autres constructeurs.

On peut ajouter à cela que NASCAR a toujours favorisé la qualité du spectacle, quitte à “ajuster” la performance des bolides afin que personne ne domine outrageusement la compétition.