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Audi arrive en F1 par la grande porte : Retour sur un projet débuté dès 2022...

Audi arrive en F1 par la grande porte : Retour sur un projet débuté dès 2022...

Mardi 23 décembre 2025 par Marc Cantin
Crédit photo: Audi A.G.

Crédit photo: Audi A.G.

Ceux parmi nous qui ont connu Audi lors de leur passage en Rallye, en Endurance, voire même en Rallycross, savent bien que la maison allemande ne fait rien en demi-mesure, qu’ils aiment mener le bal technologique : rappelons-nous des débuts de la motricité intégrale en rallye mondial, le diesel et l’électrique en endurance mondiale et américaine, l’aérodynamique avancée en endurance, et les communications poussées au maximum.

Ces maîtres de l’excès rejoignent la F1 feront leurs débuts en F1 en 2026. Pour cela, les programmes d’Endurance ont été sacrifiés et l’achat de l’écurie suisse Sauber concrétisé. La présentation de la R26, la monoplace qui disputera le prochain Championnat du monde d’Endurance, aura lieu le 20 janvier à Berlin, où l'équipe dévoilera sa livrée complète lors d'un événement exclusif. Cette cérémonie sera suivie d'une ouverture au public le 21 janvier, quelques jours avant le début des premiers essais présaison, à huis clos à Barcelone, du 26 au 30 janvier.

L'équipe, désormais baptisée Audi Revolut F1 Team, a acquis les activités de Sauber Motorsport AG en 2022 et fera ses débuts sous sa nouvelle identité, le châssis R26 et le groupe motopropulseur hybride maison, attendu à 1000 chevaux.

Lorsqu’Audi a levé le voile sur son programme 2026 le 12 novembre dernier (voir nouvelle ici), la gestion de l’équipe, les nouvelles installations en Suisse, Allemagne et Angleterre, les projets R&D à plus long terme et des détails sur leur infrastructure crée pour la F1 et les ressources humaines spécifiquement pour la F1 ont aussi été présentés.

Mattia Binotto, né le 3 novembre 1969 à Lausanne (Suisse française), a aussi été officiellement présenté comme le responsable du programme. Après deux décennies au département moteur de la Scuderia Ferrari en Formule 1, il devint directeur technique de l'écurie en 2016, puis directeur de la gestion sportive en 2019. Au terme de la saison 2022, il démissionne de ses fonctions. Il passe ensuite chez Sauber/Audi où il agit maintenant comme directeur général de l'écurie F1. Son plan directeur prévoit amener l’équipe à viser le titre mondial en 2030. Binotto admet spontanément que les nouvelles règles 2026 sont tellement complexes qu’il est impossible de prévoir comment la saison se déroulera dans des circonstances où tout a changé sur les voitures au fil d’un projet étendu sur maintenant quatre années.

Binotto sera secondé par Jonathan Wheatley, le directeur sportif de l’écurie. Né à Beaconsfield (région londonienne), il est un cadre et mécanicien britannique du sport automobile. Recruté par Audi cette année, il était précédemment directeur sportif chez Red Bull Racing. Avant cela, il fut mécanicien en chef chez Benetton et Renault.

Globalement, les grands patrons chez Audi déclarent que l’ampleur du projet et les ressources à y consacrer dépassent largement tous les autres grandes entreprises sportives vécues par la maison, en rallye, RallyCross, Endurance, au Dakar ou encore en Formule E, championnat que la marque a brièvement fréquenté. Le département moteur à Neuburg (Allemagne) compte à lui seul 450 techniciens et plus, qui ont dû créer de zéro et livrer tous les moteurs pour la seule saison 2026.

Pour sa part, le groupe châssis dans les anciens locaux Sauber à Hinwill varie de 700 à 900 professionnels selon le temps de l’année et la charge de travail. Un autre établissement situé à Bicester (Angleterre) loge une équipe spéciale qui désire rester en Angleterre pour des raisons personnelles ou techniques, dans le cœur des activités des 7 équipes F1 installées dans la région d’Oxford.

Le centre de test assimilé au nouveau bâtiment de Neuburg comporte 33 cellules préfabriquées pour loger les dynamomètres pleine taille et plus petit pour le monocylindre créé spécifiquement pour des essais non cumulés, selon le règlement limitant les essais et aussi limiter les coûts sur les vrais moteurs (une pratique courante en MotoGP, par exemple). On y travaille aussi sur les batteries, les tests de matériaux avancés, et sur un analyseur à plasma à couplage inductif qui analyse la pureté d’un élément en partie par trillions à des températures de plus de 6000 degrés Celsius, donc possiblement sur le cycle de combustion.

Après que beaucoup de personnes aient douté du sérieux du projet Audi depuis 2022, allant même jusqu’à penser qu’il serait abandonné en cours de route, la marque allemande semble aujourd’hui plus prête que jamais à entrer en F1. Au prix d’un investissement colossal et sans garantie de succès à court terme. Mais tout reste possible avec la nouvelle réglementation, qui est d’ailleurs sujette à polémiques avant même les premiers tours de piste des monoplaces 2026 alors que Ferrari, Honda et Audi justement, ont demandé à la FIA d’enquêter sur une possible faille réglementaire découverte par Mercedes et Ford (via Red Bull Performance Technology, son unité moteurs), qui donnerait à ces deux motoristes un avantage non négligeable en performances !