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Portrait Kevin Bastien : La course dans le sang !

Portrait Kevin Bastien : La course dans le sang !

Mardi 5 juillet 2016 par Eliane Gilain
Crédit photo: Bruno Dorais

Crédit photo: Bruno Dorais

Kevin Bastien, 26 ans, pratique la course automobile depuis qu’il est tout jeune. Comme la plupart des pilotes, ceci est une affaire de famille. La passion lui a été transmise par son père, Pascal Bastien, qui lui même fait de la course.

 

Au début des années 2000, Pascal Bastien courait dans le championnat Touring Hankook, puis il a fait une pause du sport automobile. C’est Kevin, son fils, qui lui a proposé de se relancer dans l’aventure, mais cette fois ensemble. Le duo père-fils court maintenant en Super Production Challenge, dans la catégorie Compact sur une Mini Cooper 2004, ils sont d’ailleurs deuxièmes présentement au classement général des pilotes de cette catégorie, derrière Kurt Wittmer.

 

Ce qui distingue Kevin des autres pilotes, c’est qu’il est né avec une malformation congénitale du côté droit. Sa main, sa hanche et sa jambe sont plus petites que celles du côté gauche. Plusieurs verraient cela comme un handicap, lui ne le voit pas du tout de même : « je suis né avec ça, je n’ai pas de difficulté à accomplir ce que je veux faire. Pour moi, il n’y a rien d’anormal ! ». Kevin ne porte pas d’orthèse, car il n’en ressent pas le besoin. Lorsqu’il était jeune, il a reçu énormément d’interventions chirurgicales, mais cela ne l’a certainement pas empêché de poursuivre ses rêves.

 

Pour conduire son véhicule, il a simplement adapté le levier de vitesse en y mettant une extension qu’il peut visser et dévisser rapidement. Rien d’autre n’est adapté dans la Mini Cooper de course. Pour ce qui est des règlements, il n’y a aucun problème du côté des officiels. « J’ai dû me battre avec la SAAQ pour avoir le droit de conduire une voiture manuelle, mais pour la course, j’ai fait toutes les écoles de conduite, et j’ai passé ma licence sans problème ! » explique Kevin en riant. La voiture manuelle de tous les jours de Kevin n’est pas adaptée comme la voiture de course puisqu’il y a plus d’espace pour bouger et changer les vitesses.

 

La semaine, il travaille chez Zila Motorsport, une compagnie qu’il a lancée avec un de ses amis pour modifier des voitures, sur le site de l’Autodrome St-Eustache. Et la fin de semaine, en plus d’être pilote, il fait sa propre mécanique sur la Mini Cooper.

 

Kevin est certainement l’un des seuls pilotes au Québec à avoir un handicap de la sorte, mais pas le seul au monde. Enfin pourrait-on dire, le sport automobile est maintenant accessible aux personnes ayant des handicaps physiques, c'est même un sport que l'on peut qualifier de précurseur, sachant que des technologies découvertes grâce au sport automobile peuvent aider du monde amené à conduire les futures voitures de tous les jours.

 

L'un des exemples les plus extrêmes est le cas du Français Frédéric Sausset, quadri-amputé suite à un accident de travail, qui a disputé les 24 Heures du Mans il y a deux semaines aux commandes d'un prototype LMP2. L'Américain Michael Johnson, après un accident de moto, est quant à lui devenu paralysé des jambes et il court maintenant en IMSA Continental Sports Car Challenge, sur une BMW. La technologie, qu'elle soit développée de manière spécifique pour un pilote et un seul véhicule comme le font les Bastien, ou de manière plus industrielle comme on le voit chez BMW Motorsport avec des programmes pour Johnson aux États-Unis ou encore Alex Zanardi en Europe, ouvre de nouveaux horizons et permet à des personnes de touts conditions de vivre aujourd'hui leur rêve de faire de la course dans des conditions optimales.