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19 octobre: Stirling Moss gagne le GP du Maroc en 1958, mais Mike Hawthorn est sacré champion de F1

19 octobre: Stirling Moss gagne le GP du Maroc en 1958, mais Mike Hawthorn est sacré champion de F1

Lundi 19 octobre 2026 par René Fagnan
Crédit photo: Galeron

Crédit photo: Galeron

Le seul et unique Grand Prix du Maroc qui a compté pour le championnat du monde de Formule 1 a eu lieu en 1958 a été la scène d’une confrontation mettant aux prises deux Britanniques : Stirling Moss sur une Vanwall et Mike Hawthorn au volant d’une Ferrari.

Depuis 1912, les automobiles européennes circulent abondamment dans les rues des grandes villes du Maroc. Simultanément, de nombreuses courses automobiles sont organisées dans le pays comme le Rabat-Casablanca en 1912, le Grand Prix de Casablanca et le Rallye du Maroc. L’Automobile Club du Maroc vise haut et décide, avec le soutien de l’Automobile Club de France, de faire une demande officielle auprès de la CSI (Commission sportive internationale) afin de présenter un Grand Prix de Formule 1.

Une première édition a lieu en 1957, mais elle ne compte pas pour le championnat du monde. La CSI, méfiante, voulait constater comment l’organisation locale allait s’en sortir avant de donner son accord pour la tenue d’une manche officielle.

Un circuit urbain temporaire d’une longueur de 7,610 km est tracé dans les principales avenues de la banlieue d’Ain Diab située à l’ouest de Casablanca. Le circuit est fort simple, sans grandes difficultés, mais la sécurité est totalement inexistante. Le Français Jean Behra remporte l’épreuve aux commandes de sa Maserati devant Stuart Lewis-Evans, pilote de l’écurie Vanwall.

La CSI donne son feu vert pour l’organisation d’un premier véritable Grand Prix du Maroc qui sera la 11e et dernière manche du championnat de 1958. Les équipes se présentent à l’événement le week-end du 19 octobre. La lutte pour le titre mondial chez les pilotes oppose Mike Hawthorn (Ferrari D246, 40 points) à Stirling Moss (Vanwall VW5, 32 points). Tony Brooks, troisième, ne peut espérer être sacré champion, car trop distancé à 24 points. Au championnat des constructeurs, Vanwall est en tête avec 46 points, six de plus que Ferrari.

Afin d'étoffer le plateau, neuf monoplaces de Formule 2 sont acceptées. Hawthorn signe la pole position avec un temps de 2’23”1. Il devance Moss par un petit dixième de seconde, Stewart Lewis-Evans sur une Vanwall par 0”6 dixième et Jean Behra sur une BRM par 0”7. Les écarts sont incroyablement serrés pour un circuit aussi long. Ce n’est pas le cas du dernier qualifié : André Guelfi sur une Cooper T45-Climax de F2 qui a bouclé le circuit en 3’09”0 à presque 46 secondes de Hawthorn !

Moss trop fort, mais Hawthorn ne baisse pas les bras

Pour décrocher le titre, Moss doit absolument gagner la course tout en espérant qu’Hawthorn ne fasse pas mieux que troisième. Le roi Mohammed V, fraîchement couronné, assiste au départ de la course. Moss prend immédiatement la tête du peloton. L’Américain Phil Hill, au volant de sa Ferrari, effectue un bon départ et se glisse en deuxième place, mais il commet une faute de pilotage au troisième tour qui permet à Hawthorn et Jo Bonnier, sur une BRM, de le doubler.

Hill, le couteau entre les dents, passe devant Bonnier puis Hawthorn lui fait signe de passer pour qu'il puisse se lancer à la poursuite de Moss. Brooks, coéquipier de Moss, effectue une belle remontée depuis sa septième place sur la grille. Il double Bonnier puis double Hawthorn au 19e tour. L’ordre est alors Moss en tête devant Hill, Brooks et Hawthorn.

Au 29e passage, le moteur quatre cylindres de 2,5 litres BRM de Brooks explose, ce qui cause son abandon. L’écurie Ferrari demande donc à Hill, par panneaux en bord de piste, de se laisser doubler par Hawthorn afin que ce dernier grimpe en deuxième position.

Au 41e tour nous avons donc Moss très loin devant en tête devant Hawthorn, Hill et Stewart Lewis-Evans sur sa Vanwall. Ce dernier pousse si fort que le moteur n’en peut plus et explose dans une boule de feu. Lewis-Evans, pris de panique, saute hors de l’habitacle. Sa combinaison rudimentaire est en feu et au lieu de se rouler par terre pour éteindre les flammes, il court, ce qui attise le feu. Le temps que les commissaires l’atteignent, il est gravement brûlé. Il est rapatrié au Royaume-Uni dans l’avion de son patron, Tony Vandervell, et en dépit de greffes de peau réalisées au centre des grands brûlés de East Grinstead, il décède six jours plus tard.

La Vanwall de Stirling Moss croise l’arrivée après 53 tours de piste avec une priorité d’une minute et 39 secondes sur la Ferrari de Hawthorn. Cette deuxième place offre à Hawthorn le titre mondial. Ce dernier annonce sa retraite sportive quelques jours plus tard à l’âge de 29 ans.Trois mois plus tard, il trouve a mort dans un accident de la route au volant de sa Jaguar.

Outre celui de Lewis-Evans, la course fut marquée par d’autres accidents, dont ceux, graves, survenus à Olivier Gendebien et François Picard. Tout cela, ajouté à l’absence de sécurité pour les pilotes et les spectateurs incita la CSI à revoir sa position et à ne plus accorder de Grand Prix de F1 au Maroc.