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Rumeurs autour de l’annulation du Grand Prix du Canada : Des précisions s’imposent…

Rumeurs autour de l’annulation du Grand Prix du Canada : Des précisions s’imposent…

Jeudi 15 avril 2021 par Philippe Brasseur
Crédit photo: WRI2

Crédit photo: WRI2

Depuis quelques jours, on entend tout et n’importe quoi à propos de la tenue, ou pas, du Grand Prix du Canada 2021. Compte-tenu que, contrairement à ce qui a été annoncé par certains médias ce midi, le dossier n’est pas encore réglé, des précisions s’imposent.

1. Les options sur la table

Il y a un mois, elles étaient au nombre de trois : autoriser un nombre limité de spectateurs sur base des années précédentes (par exemple 10%, soit environ 8000 personnes par jour sur le site, regroupées dans l’épingle Est uniquement) avec un horaire normal d’activités; présenter le Grand Prix à huis clos avec uniquement la F1; ou l’annulation complète.

La première option fut rejetée mais les deux autres éventualités sont restées sur la table. Dans le cas d’un événement à huis clos, cela veut dire que seule la Formule 1 ira en piste, le programme des séries de soutien et les activités annexes à l’événement étant retirées.

2. Les vrais chiffres…

Si l’organisateur est une entité privée (le Groupe de course Octane présidé par François Dumontier), les gouvernements fédéral et provincial, la Ville de Montréal et Tourisme Montréal représentent les quatre bailleurs de fonds du Grand Prix du Canada.

L’an dernier, lorsque les dirigeants de la F1 peinaient à former un calendrier dans la tourmente qui sévissait un peu partout dans le monde, le cas de force majeure avait été invoqué pour présenter le Grand Prix à huis clos à la mi-octobre. Cela voulait dire que la F1 serait venue presque gratuitement, les gouvernements défrayant uniquement les frais de déplacement du matériel en plus des coûts d’opération de l’événement. Mais le Grand Prix 2020 a finalement été annulé et cette année, on ne parle plus d’un cas de force majeure mais de restrictions gouvernementales propres au Canada. La situation est bien différente dans l’esprit des dirigeants de la F1 !

Financièrement, cela veut donc dire qu’avec ou sans spectateurs dans les estrades, c’est le tarif habituel qui s’applique pour présenter le Grand Prix. Donc un montant, converti en dollars canadiens, de 19,3 millions (et non 18,7 millions comme mentionné ici et là ces derniers jours). À cela s’ajoute un frais exceptionnel de 5,7 millions (pas 6 comme entendu là encore) que la F1 impose parce que l’événement est prévu à huis clos. Ce montant sert à payer les dépenses du promoteur local, privé des revenus de la vente de billets aux spectateurs.

Ce montant d’argent qui a fait tant parler récemment s'explique facilement : il sert à préparer le site et organiser l’événement. Sur un circuit permanent, la dépense opérationnelle d’un Grand Prix de Formule 1 représente 2 à 3 millions. Planifier 5,7 millions pour un site non permanent comme le circuit Gilles-Villeneuve est donc tout sauf exagéré !

3. Un enjeu financier et politique

Sur le fond et non la forme, l’enjeu est celui-ci : les 4 bailleurs de fonds sont-ils prêts à payer 25 millions pour que l’événement soit tenu à huis clos ET Santé publique Canada est-elle prête à accorder des aménagements de quarantaine à la F1, compte-tenu de leurs normes tellement strictes qu'elles dépassent celles en vigueur présentement au pays ? Réponse dans les prochaines heures car, selon nos informations, la F1 a du matériel bloqué à Bahreïn dans l’attente de prendre le bateau pour Montréal… ou Istanbul (le Grand Prix de Turquie est le remplaçant désigné). Cela coûte de l’argent à la F1 et le temps presse.

4. L'avenir du Grand Prix

Le contrat du Grand Prix du Canada est valide jusqu’en 2029. Selon les statuts de la F1, lorsqu’un organisateur ne peut présenter son événement une année, c’est considéré comme un cas de force majeure et l’ensemble du contrat reste en place. En revanche, lorsqu’un Grand Prix ne peut pas être tenu deux années de suite, l’événement peut être contraint à verser des pénalités à la F1 pour le problème que cela occasionne à la série.

Qu'il ait lieu ou pas cette année, le GP du Canada doit être de retour en 2022 mais il restera à lui faire une place au calendrier. Car la Turquie espère ne plus être seulement un remplaçant, la Chine doit revenir, l’Italie veut garder ses deux Grand Prix, une course en Afrique (Maroc ou Afrique du Sud) est dans les plans de la F1 et Miami poursuit le processus pour devenir le second Grand Prix aux États-Unis. Ça fait beaucoup de monde qui se bouscule pour être au calendrier 2022… et au-delà !